Comme je devais communier ce matin, je priai mon bon Jésus de venir Lui-même m’y préparer avant que le confesseur arrive pour célébrer la sainte messe : « Autrement, Jésus, comment pourrai-je Te recevoir, moi si méchante et mal disposée ?»

Pendant que je priais ainsi, mon Jésus se montra heureux de venir . Et, en le voyant, j’ai eu l’impression qu’Il me pénétrait de ses regards très purs et étincelants de Lumière.

Comment expliquer ce que ces Regards produisirent en moi ? Pas l’ombre d’une petite poussière Lui échappait. Je préférerais ne pas parler de ces choses, vu que

  • les opérations de la grâce peuvent difficilement s’exprimer par des mots et
  • qu’il y a grand risque de déformer la Vérité.

Mais dame obéissance ne veut pas que je me taise. Et, quand elle exige quelque chose, on doit fermer les yeux et se soumettre sans rien dire. Étant une dame, elle sait se faire respecter !

Je poursuis donc ma narration. Dès le premier regard de Jésus, je L’ai supplié de me purifier Il m’a semblé que tout ce qui jetait une ombre sur mon âme fut balayé.

À son deuxième regard, je Lui ai demandé de m’illuminer. En effet, à quoi servirait à une pierre précieuse d’être pure si elle ne peut attirer les regards admirateurs

  • en brillant devant leurs yeux ?

On la regarderait peut-être, mais d’un œil indifférent. J’avais besoin de cette lumière

  • non seulement pour faire resplendir mon âme,

  • mais aussi pour m’aider à saisir la grandeur de ce qui allait m’arriver :

J’allais être non seulement regardée par mon doux Jésus, mais identifiée à Lui. Jésus semblait me pénétrer comme la lumière du soleil pénètre le cristal.

Ensuite, comme Il me regardait toujours, je Lui ai dit : « Très aimable Jésus, puisqu’il T’a plu de me purifier, puis de m’illuminer, sois gentil maintenant et sanctifie-moi.

Cela est très important puisque je vais Te recevoir, toi le Saint des Saints. Il n’est pas convenable que je sois si différente de Toi. »

Toujours aussi bienveillant envers sa misérable créature, Jésus prit mon âme dans ses mains créatrices et y fit des retouches un peu partout.

Comment dire ce que ces retouches ont produit en moi et comment mes passions ont ainsi repris leur place ?

Sanctifiés par ces touches divines,

  • mes désirs, mes penchants, mes affections,
  • les battements de mon cœur et tous mes sens furent complètement transformés.

Sans se bousculer comme avant,

  • ils formèrent une douce harmonie aux oreilles de mon cher Jésus.

Ils étaient comme des rayons de lumière blessant son Cœur adorable. Oh ! Comme Il s’amusait et quels instants heureux j’ai savourés . Ah ! J’ai expérimenté la paix des saints ! Ce fut pour moi un paradis de joie et de délices.

Ensuite, Jésus revêtit mon âme du manteau

  • de la foi,
  • de l’espérance et
  • de la charité en murmurant à mon oreille la façon de pratiquer ces vertus.

Il poursuivit en me pénétrant d’un autre rayon de Lumière qui me fit voir mon néant. Ah ! J’avais l’impression de n’être qu’un grain de sable au fond d’un vaste océan-qui est Dieu. Ce grain de sable se dissolvait dans cette mer immense - c’est-à-dire en Dieu.

Puis Il rn’ a transportée hors de mon corps

  • en me tenant dans ses bras et

  • en murmurant sans cesse des actes de contrition pour mes péchés.

Je me souviens seulement de m’être vue comme un abîme d’iniquités : « Ah ! Seigneur, combien j’ai été ingrate envers Toi !»

Pendant ce temps, je regardais Jésus.

Il portait la couronne d’épines sur sa tête. Je la Lui enlevai en disant : « Donne-moi les épines, ô Jésus, car je suis une pécheresse. Les épines me conviennent, mais pas à Toi, le Juste, le Très Saint. » Alors Jésus l’enfonça sur ma tête.

Ensuite, je ne sais comment, j’ai aperçu de loin le confesseur. Aussitôt, j’ai prié Jésus d’aller le préparer lui aussi à la communion.

Je crois qu’Il y est allé car, peu après, Il est revenu et Il m’a dit : « Je désire que ta façon d’agir avec Moi et avec le confesseur soit la même. Je veux la même chose en ce qui le concerne :

  • il doit te voir et te traiter comme si tu étais un autre Moi-même,
  • car tu es une victime comme Je le fus. Je veux cela afin que tout soit purifié et que seul mon Amour brille en toute chose. »

J’ai dit : « Seigneur, cela me paraît impossible d’agir avec le confesseur comme je le fais avec Toi, surtout en raison de mon instabilité. »

Jésus reprit : « L’amour vrai fait disparaître toutes les aspérités et, avec une maîtrise enchanteresse, il laisse briller Dieu seul en toute chose. »

Ensuite, le confesseur est venu m’appeler à l’obéissance. Il a célébré la sainte Messe à l’occasion de laquelle j’ai communié. Tout s’est terminé ainsi. Comment parler de l’intimité avec laquelle tout s’est passé entre Jésus et moi ? C’est impossible à exprimer Je n’ai pas de mots pour me faire comprendre. Par conséquent, je m’arrête ici.