Ce matin, mon très doux Jésus voulait que je touche mon néant de mes propres mains. Les premières paroles qu’Il m’adressa furent : « Qui suis-Je et qui es-tu ?»

Cette double question fut accompagnée de deux intenses rayons de lumière :

  • l’un me montrait la grandeur de Dieu et
  • l’autre, ma misère et mon néant.

J’ai réalisé que je n’étais qu’une ombre, comme celles que forme le soleil en illuminant la terre ; Ces ombres dépendent du soleil. A mesure que le soleil se déplace, elles cessent d’exister, privées de sa splendeur. Il en va ainsi de mon ombre, c’est-à-dire de mon être : cette ombre dépend de Dieu qui, en un instant, peut la faire disparaître.

Que dire alors du fait que j’ai déformé cette ombre

  • que le Seigneur m’avait confiée et
  • qui ne m’appartenait même pas ?

Cette pensée m’horrifiait, me paraissait nauséabonde, infecte et remplie de vers. Cependant, dans mon état horrible, je fus forcée de me tenir debout devant Dieu saint. Oh ! Comme j’aurais aimé pouvoir me cacher dans le plus profond des abîmes !

Ensuite, Jésus m’a dit :

« La plus grande grâce qu’une âme puisse recevoir, c’est la connaissance de soi. La connaissance de soi et la connaissance de Dieu vont de pair. Plus tu te connais toi-même, plus tu connais Dieu.

Quand l’âme a appris à se connaître, elle réalise que, seule, elle ne peut rien faire de bien.

En conséquence, son ombre (c’est-à-dire son être), se transforme en Dieu. Elle en vient à tout faire en Dieu. Elle est en Dieu et marche à ses côtés

  • sans regarder, -sans sonder, -sans parler. C’est comme si elle était morte.

De fait, étant consciente de la profondeur de son néant, elle n’ose rien faire par elle-même. Mais elle suit aveuglément la trajectoire de Dieu.

L’âme qui se connaît bien ressemble à ces personnes qui voyagent en bateau à vapeur. Sans faire un seul pas, elles entreprennent de longs voyages. Mais tout se fait grâce au bateau qui les porte.

Il en est de même pour l’âme qui, en confiant sa vie à Dieu, fait des envols sublimes sur les chemins de la perfection. Elle sait toutefois qu’elle les fait

  • non par elle-même,
  • mais par la grâce de Dieu. »

Oh ! Comme le Seigneur

  • favorise cette âme,
  • l’enrichit et
  • la comble de ses plus grandes grâces, sachant
  • qu’elle ne s’attribue rien à elle-même
  • mais Lui rend grâce et
  • Lui attribue tout ! Heureuse es-tu, ô âme qui te connais toi-même !