À plusieurs reprises au cours de la journée, pendant que je méditais, Jésus est venu près de moi. Il m’a dit :

« Ma personne est entourée des actions des âmes comme d’un vêtement. Plus leurs intentions sont pures et leur amour intense, plus elles me donnent de splendeur.

De mon côté, Je leur donne plus de gloire, à tel point qu’au jour du jugement, Je les ferai connaître au monde entier afin qu’on sache combien elles m’ont honoré et combien Je les honore. »

D’un air affligé, Il ajouta :

« Ma fille, qu’adviendra-t-il des âmes ayant fait tant d’actions, même bonnes,

  • sans pureté d’intention,
  • par habitude ou par égoïsme ?

Quelle honte elles éprouveront au jour du jugement en voyant ces actions,

  • bonnes en soi,
  • mais tarées à cause de leurs intentions imparfaites. Au lieu de leur faire honneur, elles seront source de honte pour elles et pour bien d’autres.

En fait, ce n’est pas la grandeur des actions qui m’importe mais l’intention avec laquelle elles sont faites. »

Jésus est demeuré silencieux quelque temps pendant que je réfléchissais aux Paroles qu’Il m’avait dites

  • sur la pureté d’intention et aussi
  • sur le fait qu’en faisant le bien, les créatures doivent mourir à elles-mêmes et ne faire qu’un avec le Seigneur.

Jésus ajouta : « Il en est bien ainsi : mon Cœur est infiniment grand. Mais la porte pour y entrer est très étroite.

Personne ne peut venir combler son vide, sauf les âmes dépouillées et simples. Puisque sa porte est étroite,

  • la moindre petite entrave
  • l’ombre d’un attachement,
  • une intention qui n’est pas droite,
  • une action qui n’a pas pour but de me plaire les empêche de venir s’y délecter.

L’amour du prochain pénètre dans mon Cœur Mais, pour cela,

  • il doit être tellement uni à mon propre Amour qu’il ne fasse qu’un avec Lui,
  • qu’on ne puisse distinguer son amour du Mien.

Je ne peux considérer comme Mien l’amour du prochain, s’il n’est pas transformé en mon propre Amour. »

  • 9 mai 1899 - Jésus déverse son amertume en Luisa.

Ce matin, j’étais dans une mer d’afflictions à cause de l’absence de Jésus. Après beaucoup de souffrances, Jésus est venu et s’est approché si près de moi que je ne pouvais plus le voir. Il posa son front contre le mien, pencha sa face contre la mienne et fit de même pour tous les autres membres de son corps.

Pendant qu’Il était dans cette position, je lui ai dit : « Mon adorable Jésus, tu ne m’aimes donc plus ?»

Il répondit : « Si Je ne t’aimais pas, Je ne serais pas aussi près de toi. »

Je poursuivis : « Comment peux-tu dire que tu m’aimes si tu ne me laisses plus souffrir comme avant ? Je crains que tu ne me veuilles plus dans cet état. Au moins, libère-moi de l’embêtement du confesseur. »

J’avais l’impression qu’Il n’écoutait pas ce que je disais. Il m’a plutôt fait voir une multitude de gens qui commettaient toutes sortes de péchés. Indigné, Il envoyait au milieu d’eux diverses maladies contagieuses et, en mourant, plusieurs personnes devenaient noires comme du charbon.

Jésus semblait vouloir faire disparaître de la face de la terre cette multitude de pécheurs. En voyant cela, je l’ai supplié de déverser son amertume en moi afin d’épargner le peuple. Mais Il ne m’écoutait pas.

Il me dit : « Le pire châtiment que Je pourrais vous envoyer,

  • à toi,
  • aux prêtres et
  • au peuple, ce serait de vous délivrer de cet état de souffrance Car, ne trouvant plus d’opposition, ma Justice se déverserait alors dans toute sa fureur.

Ce serait un grand malheur pour une personne

  • de se voir confier un poste
  • pour ensuite se le voir enlever Car, en abusant de sa fonction,
  • cette personne n’en aurait pas profité et
  • s’en serait rendue indigne. »

Jésus est revenu plusieurs fois aujourd’hui, mais Il était triste à fendre l’âme. J’ai essayé de le consoler de mon mieux,

  • tantôt en l’embrassant,
  • tantôt en soutenant sa tête endolorie,
  • tantôt en lui disant des paroles dans le genre de celles-ci :

« Cœur de mon cœur, Jésus, Tu n’as pas l’habitude de te montrer à moi aussi souffrant.

Quand Tu le faisais par le passé, Tu déversais ta souffrance en moi et Tu changeais aussitôt d’apparence. Mais là, je suis incapable de te consoler.

Qui aurait cru

  • qu’après m’avoir fait partager si longtemps tes souffrances et
  • après avoir tant fait pour m’y disposer, Tu m’en prives maintenant ?

Souffrir par amour pour toi était ma seule consolation. C’est la souffrance qui m’a permis de supporter mon exil sur cette terre. Mais j’en suis maintenant privée et je ne sais plus où trouver un appui.

La vie est devenue très pénible pour moi. Oh ! Je t’en prie, mon Époux, mon Bien-Aimé, ma Vie, je t’en prie, redonne-moi tes douleurs, laisse-moi souffrir ! Ne regarde pas mon indignité et mes graves péchés, mais plutôt ta miséricorde inépuisable !»

Pendant que j’épanchais ainsi mon cœur en Jésus, Il s’approcha et Il me dit :

« Ma fille, c’est ma Justice qui veut se déverser sur toutes les créatures. Les péchés des hommes ont presque atteint la limite Et la Justice veut

  • manifester sa furie avec éclat et
  • trouver réparation pour toutes ces offenses.

Afin que tu comprennes à quel point Je suis rempli d’amertume. Pour te satisfaire un peu, Je vais seulement déverser mon Souffle en toi. »

Approchant ses lèvres des miennes, Il souffla en moi. Son haleine était si amère que j’ai senti ma bouche, mon cœur et tout mon être s’intoxiquer. Si, à elle seule, son haleine était amère à ce point,

  • qu’en était-il du reste de sa Personne ? Il m’a laissée tellement souffrante que mon cœur en fut transpercé.