Je poursuivrai en disant que Jésus me parlait souvent de sa Passion. Il essayait de prédisposer mon âme à l’imitation de sa Vie.

Une fois Il me dit : « Mon épouse, en plus du mariage déjà fait, un autre reste à faire : le mariage avec la Croix. Sache que les vertus deviennent douces et aimables quand elles sont évaluées et fortifiées à l’ombre de la Croix.

Avant que Je vienne sur la terre, la souffrance, la pauvreté, la maladie et tous les genres de croix étaient vus comme des infamies.

Mais, ayant été vécue par Moi, la souffrance fut sanctifiée et divinisée. Son apparence changea : elle devint douce et gratifiante. Une âme qui reçoit cette bonne chose de Moi est plus qu’honorée, parce qu’elle reçoit mon endossement et devient enfant de Dieu.

Celui qui ne regarde la croix qu’en superficie expérimente l’opposé. Il trouve la croix amère et il commence à se plaindre, vu qu’il la perçoit comme un mal. Mais quand il la reçoit comme un bien, elle crée en lui la joie. »

Et Il ajouta :

« Mon épouse, Je ne désire rien de plus que de te crucifier comme avant, en ton âme et en ton corps. »

Après que Jésus m’eut dit cela, j’ai senti en moi une telle infusion du désir d’être crucifiée avec Lui que je Lui ai dit : « Mon Jésus, mon Amour, vite crucifie-moi avec Toi ! »

Et je me suis dit : « Quand Il reviendra, la première chose que je Lui demanderai,

  • celle que je considère comme la plus importante,
  • sera la souffrance pour mes péchés et la grâce d’être crucifiée avec Lui. Et il me semble que je serai satisfaite Car par la crucifixion, je pourrai tout obtenir. »

Finalement, un matin, mon bien-aimé Jésus m’apparut sous la forme de Jésus Crucifié. Il me dit que vraiment Il me voulait crucifiée avec Lui

Pendant qu’Il disait cela, j’ai vu

  • des rayons de lumière émaner de ses Plaies sacrées, et
  • des clous se diriger vers moi. À ce moment, mon désir d’être crucifiée par Jésus fut si grand que je me sentis consumée par l’amour de la souffrance.

Cependant, je fus subitement saisie d’une grande peur qui me fit trembler de la tête aux pieds. Je faisais l’expérience d’un grand anéantissement de moi-même Je me suis sentie indigne de recevoir une grâce aussi rare que celle-là. Et je n’osais plus dire : « Seigneur crucifie-moi avec Toi. »

Mais Jésus semblait attendre mon consentement avant de m’accorder cette si singulière grâce. Je fus tourmentée par cela pendant quelque temps. Mon âme ressentait un ardent désir de demander cette grâce En même temps, un sentiment d’indignité m’habitait.

Ma nature était secouée et tremblait Effrayée, elle hésitait à demander à Jésus la crucifixion.

Pendant que j’étais dans cet état, mon bien-aimé Jésus m’incitait mentalement à accepter cette grâce.

Connaissant sa Volonté, je repris courage et Lui dis : « Mon Saint Époux et mon Amour Crucifié, je Te supplie de m’accorder la grâce d’être crucifiée avec Toi. Je Te demande aussi qu’il n’y ait aucun signe visible sur moi de cette grâce.

Oui,

  • donne-moi rapidement chacune de tes Souffrances,
  • donne-moi tes Plaies, mais ne dévoile pas tout ce qui m’arrive aux autres. Que ce soit entre Toi et moi seulement. »

Cette grâce me fut accordée. Bientôt, des Rayons de Lumière et des Clous partirent de Jésus Crucifié et

  • vinrent me blesser,
  • pénétrant mes mains et mes pieds. Et un autre rayon de Lumière, plus resplendissant, accompagné d’une Lance, vint transpercer mon cœur.

Je ne peux pas décrire le bonheur et la douleur simultanés

  • douleur plus grande que toutes mes autres, que je ressentis à cet heureux moment.

Aussi grands qu’étaient plus tôt ma peur et mon tremblement, la paix et le contentement que j’expérimentais maintenant étaient encore plus grands.

Ma souffrance était si intense que je croyais que la douleur dans mes mains, mes pieds et mon cœur annonçaient ma mort. J’ai senti les os de mes mains et de mes pieds être brisés en tout petits morceaux. J’ai senti la pénétration des clous dans chaque blessure.

Je confesse que le doux contentement obtenu par ces Plaies ne peut être décrit par des paroles. Mon émerveillement augmentait en intensité en même temps que la puissance de la douleur qui,

  • non seulement me faisait me sentir mourante, mais,
  • en même temps, me revigorait et
  • me faisait sentir que je n’étais pas mourante.

Et rien n’apparaissait à l’extérieur de mon corps qui, cependant, subissait des spasmes et des douleurs aiguës.

Mon confesseur vint et m’interpella en vertu de l’obéissance. Il libéra mes bras paralysés par une pression nerveuse. Mentalement je ressentais des douleurs où les Rayons et les Clous avaient pénétré.

Mon confesseur commanda en vertu de l’obéissance que tout cesse immédiatement. En vérité, la douleur intense qui m’avait rendue inconsciente, cessa immédiatement. Oh ! quel miracle la sainte obéissance entraîna pour moi. Combien de fois je me suis ainsi trouvée en collusion avec ma soeur la mort.

Par l’obéissance, Jésus

  • guérit tous les spasmes et douleurs de mort qui m’habitaient, et
  • rapidement, restaura ma vie.

J’admets honnêtement que si ces souffrances n’avaient pas été mitigées par mon confesseur, j’aurais eu de la difficulté à m’assujettir à elles.

Puisse le Seigneur être toujours béni pour avoir accordé à ses ministres le pouvoir d’enlever à la mort ses proies. Et j’espère que tout cela a toujours été pour la plus grande Gloire de Dieu et le salut des âmes.

Je dois aussi signaler que pendant que je vivais ces souffrances mortelles, les choses mentionnés plus haut ne laissaient aucune trace sur mon corps.

Quand je retombais dans ces Souffrances, je voyais les Plaies de Jésus clairement imprimées sur mon corps.

Il semblait que les Plaies de Jésus Crucifié, qui avaient été infligées sur mes mains, mes pieds et mon cœur, étaient les mêmes que celles de Jésus.

Ce que je viens de dire décrit

  • mon Mariage avec la Croix et
  • les Douleurs souffertes dans ma première crucifixion. J’ai vécu tant d’autres crucifixions dans les années subséquentes qu’il m’est impossible de les énumérer toutes.

Mais, puisque je dois en parler, je raconterai les principales et les plus rapprochées, jusqu’à l’année 1899.