De cette manière, Jésus essayait de tuer ma volonté, même dans les plus petites choses, pour que je vive seulement en Lui.
Ainsi, Il me permettait de faire l’expérience
- des paradoxes de l’amour,
- de l’amour entièrement saint et tourné vers Lui.
Quand approchait le jour où j’allais pouvoir communier, je ne faisais rien le jour et la nuit d’avant, excepté de me préparer à le recevoir le mieux possible. Je ne fermais pas les yeux pour le sommeil à cause des actes d’amour continuels que je faisais à Jésus.
Je disais souvent : « Hâte-toi, Seigneur, je ne peux plus attendre. Raccourcis les heures, fais que le soleil aille plus vite Car mon cœur défaille du désir de la Sainte Communion. »
Et Jésus me répondait : « Je suis seul et Je languis sans toi. Ne te désole pas que tu ne puisses dormir. C’est un sacrifice que de demeurer à distance de ton Dieu, ton Époux, ton Tout Lui qui reste éveillé par Amour pour toi.
Viens et sens les offenses qui sont continuellement commises contre Moi par les créatures. Ah ! ne me refuse pas le soulagement de ton aimable compagnie.
Les palpitations de ton amour unies aux Miennes effaceront partiellement l’amertume que beaucoup d’offenses Me donnent jour et nuit. Je ne te laisserai pas seule avec tes souffrances et tes afflictions. Plutôt Je te rendrai la pareille par ma compagnie. »
Au lever du jour, j’allais à l’église avec un grand désir de recevoir Jésus dans le Saint Sacrement. J’approchais mon confesseur sans lui dire un mot de ce désir.
Plus d’une fois il me dit : « Aujourd’hui je veux que tu sois privée de la Sainte Communion. » Ceci était si dur pour moi que souvent je commençais à pleurer. Mais je ne voulais pas révéler à mon confesseur l’amertume que mon cœur ressentait. Puisque Jésus voulait que je me résigne aux désappointements, je cédais pour qu’Il ne me gronde pas. Il voulait que j’aie une complète confiance en Lui, Lui mon plus grand Bien.
Souvent je Lui ouvrais mon cœur et je Lui disais : « Oh ! mon doux Amour, est-ce que ceci est le fruit de cette vigile que nous avons faite tous les deux cette nuit ?
Qui aurait pu imaginer qu’après tant d’attentes et de désirs, j’aurais à me passer de Toi ! Je sais bien que je dois T’obéir en tout.
, dis-moi mon bon Jésus, puis-je rester sans Toi ? Qui me donnera la force qui me manque présentement ? Est-ce que j’aurai le courage et la force de quitter l’église sans T’amener à la maison avec moi ? Je ne sais pourtant que faire d’autre. Mais toi, ô mon Jésus, si Tu le désires, Tu peux remédier à tout ça ! »
Une fois, pendant que je parlais ainsi, j’ai ressenti une chaleur inhabituelle en moi. Ensuite une flamme d’Amour fut allumée en moi et j’entendis sa voix me dire intérieurement :
« Sois calme, sois calme, Je suis déjà dans ton cœur. Pour quelle raison es-tu effrayée ? Ne sois pas triste.
Je veux Moi-même sécher tes larmes. Pauvre petite, c’est vrai, tu ne pourrais pas vivre sans Moi, n’est-ce pas ? »
Je m’émerveillai
- de ces Paroles de Jésus et
- du travail qu’Il accomplissait en moi.
Anéantie à l’intérieur de moi-même, je me tournai vers mon Jésus et je Lui dis : « Si je n’avais pas été aussi méchante, Tu n’aurais pas inspiré à mon confesseur de me rebuter comme il l’a fait ! » Et j’implorai Jésus de ne pas permettre de tels paradoxes.
Car, sans Lui, je ne pourrais pas m’empêcher de mal faire et je ferais nombre d’étourderies. Parce que Jésus veut rendre mon âme amoureuse et l’amener à souffrir par Amour, Il m’a conduite à me plonger dans l’océan infini de sa Passion.