J.M.J. Je sens qu’une force me protège et me défend contre les traits de l’ennemi. Elle veille sur moi et me défend ; je le sens très bien. J’ai l’impression d’être abritée par l’ombre de ses ailes.
Mon Jésus, toi seul es bon. Même si mon cœur tâchait de décrire, au moins partiellement, ta bonté, je n’en serais pas capable : cela dépasse notre entendement.
Un jour, pendant la sainte messe, le Seigneur m’a donné une connaissance plus profonde de sa sainteté et de sa majesté. Et, en même temps, j’ai pris conscience de ma misère. Cette connaissance me remplissait de joie, et mon état était plongée tout entière dans la miséricorde du Seigneur. Je me sens infiniment heureuse.
Le lendemain, je perçois distinctement ces paroles : « Regarde : Dieu est si saint, et toi, tu es une pécheresse. Ne t’approche pas de lui et confesse-toi chaque jour. » En effet, tout ce qui me venait à l’esprit me semblait être un péché. Pourtant, je n’ai pas manqué la sainte Communion et j’ai décidé d’aller me confesser au moment voulu, puisque rien de particulier ne m’obligeait à le faire plus tôt. Néanmoins, lorsque le jour de la confession est arrivé, j’ai préparé toute une liste de péchés pour m’en accuser. Cependant, au moment où je me suis approchée du confessionnal, Dieu m’a permis de m’accuser de deux imperfections seulement, et cela, malgré tous mes efforts pour me confesser comme je m’y étais préparée. Quand j’ai quitté le confessionnal, le Seigneur m’a dit : « Ma fille, les péchés que tu voulais confesser ne sont pas des péchés à mes yeux. C’est pourquoi je ne t’ai pas permis de les avouer. » J’ai donc compris que Satan, voulant troubler ma paix, me soufflait des scrupules excessifs. Ô mon Sauveur, que ta bonté est grande.
Un jour où je me préparais à la sainte Communion, je me suis aperçue que je n’avais rien à offrir au Seigneur. Je me suis alors jetée à ses pieds et j’ai imploré toute sa miséricorde pour ma pauvre âme : « Que la grâce qui jaillit de ton cœur compatissant et se déverse sur mon âme me fortifie pour le combat et la souffrance, afin que je te reste fidèle. Malgré mon immense misère, je ne te redoute pas, Seigneur, parce que je connais bien ta miséricorde. Rien ne pourra m’éloigner de toi, mon Dieu, car tout est plus petit que la connaissance que j’ai [de ta miséricorde], je le vois clairement. »
[Ici s’achève le sixième et dernier cahier des notes de sœur Faustine Kowalska, religieuse, professe perpétuelle de la Congrégation des Sœurs de Notre-Dame de la Miséricorde.]