Troisième jour. « Ma fille, durant cette méditation, réfléchis sur l’amour du prochain. Est-ce mon amour qui inspire ton amour vers le prochain ? Pries-tu pour tes ennemis ? Souhaites-tu du bien à ceux qui, d’une façon ou l’autre, t’ont fait de la peine ou t’ont offensée ? Sache que tout le bien que tu fais à une âme, je le considère comme si tu me l’avais fait à moi. »

Application : Ô Jésus, mon Amour, tu sais que je laisse ton amour diriger mes relations avec le prochain seulement depuis peu. Toi seul connais les efforts que j’ai fournis dans cette direction. Aujourd’hui, cela me vient plus facilement, mais si tu n’allumais pas toi-même cet amour dans mon âme, je ne saurais comment persévérer. Cela vient de ton amour eucharistique qui m’enflamme chaque jour.

Seconde méditation. « Maintenant, considère mon amour dans le Très Saint Sacrement. Là, je suis tout entier pour toi : avec mon âme, mon corps et ma divinité, comme ton Époux. Tu sais que l’amour n’exige qu’une seule chose : la réciprocité. »

Application. Ô mon Jésus, tu sais que je désire t’aimer comme aucune âme ne t’a encore jamais aimé . Je voudrais que le monde entier se change en amour pour toi, mon Bien-aimé. Tu me nourris du lait et du miel de ton cœur. Depuis mon plus jeune âge, tu m’as élevée pour toi, pour que je sache t’aimer maintenant. Tu sais que je t’aime, parce que toi seul connais la grandeur du sacrifice que je t’offre chaque jour.

Jésus m’a demandé : « Ma fille, n’as-tu pas de difficultés dans cette retraite ? » J’ai répondu que je n’en avais pas. Pendant cette retraite, mon esprit est comme un éclair. Je pénètre avec une grande facilité tous les mystères de la foi. Ô mon Maître et mon Chef, sous les rayons de ta lumière, toute obscurité disparaît de mon esprit.

« Aujourd’hui, tu prendras comme lecture spirituelle l’Évangile selon saint Jean au chapitre 21. Lis-le avec le cœur plus qu’avec ton esprit. »

  • Pendant l’office du mois de juin, le Seigneur m’a dit : « Ma fille, je me complais en ton cœur. Lorsque, le Jeudi Saint, je me suis donné moi-même dans le Très Saint Sacrement, tu as beaucoup compté dans mon esprit. »

À ces paroles, mon amour a tenté de lui exprimer ce qu’il est pour moi. Mais je n’arrivais pas à trouver les mots et j’ai éclaté en sanglots à cause de mon impuissance. Jésus m’a dit : « Je suis pour toi la miséricorde même. Aussi, je t’en prie, offre-moi ta misère et ton impuissance, et tu réjouiras mon cœur. »

Aujourd’hui, une flamme d’amour divin a pénétré dans mon âme. Elle était si vive que, si elle avait duré plus longtemps, j’aurais brûlé dans cette fournaise, me libérant des liens de la vie présente. Il me semblait que, si cela durait un instant de plus, je sombrerais dans un océan d’amour. Je suis incapable de décrire ces élans d’amour qui transpercent mon âme.

  • Enseignement sur la miséricorde. « Sache, ma fille, que mon cœur est la miséricorde même. De cet océan de miséricorde, les grâces se déversent sur le monde entier. Aucune âme qui se soit approchée de moi n’est repartie sans avoir été consolée. Toute misère disparaît dans l’océan de ma miséricorde, et toute grâce – salvatrice et sanctifiante – jaillit de cette source. Ma fille, je désire que ton cœur soit la demeure de ma miséricorde. Je désire que cette miséricorde se répande sur le monde entier en passant par ton cœur. Quiconque s’approche de toi ne doit pas repartir sans la confiance en ma miséricorde, que je désire tant pour les âmes. Prie pour les agonisants autant que tu le pourras. Obtiens-leur la confiance en ma miséricorde, car ce sont eux qui en ont le plus besoin et qui en ont le moins. Sache qu’au dernier moment, la grâce du salut éternel de certaines âmes dépend de ta prière. Tu connais tout l’abîme de ma miséricorde. Aussi, puise dans cette miséricorde, pour toi, et surtout pour les pauvres pécheurs. Il serait plus facile à la terre et au ciel de retourner au néant qu’à une âme confiante, de ne pas être enveloppée de ma miséricorde. »

Ma résolution est toujours la même : m’unir au Christ-Miséricorde.

Fin de la retraite. Dernier entretien avec le Seigneur. « Je te remercie, Amour éternel, de ton inconcevable bienveillance envers moi, qui te porte à t’occuper toi-même de ma sanctification. » Jésus m’a dit : « Ma fille, que trois vertus te parent tout spécialement : l’humilité, la pureté d’intention et l’amour. Ne fais rien de plus que ce que j’exige de toi et accepte tout ce que ma main te donne. Tâche de vivre recueillie, afin d’entendre ma voix, qui est un murmure. Seules, les âmes recueillies peuvent l’entendre… »

Aujourd’hui, je n’ai pas pu m’endormir avant minuit, parce que j’étais très émue par le renouvellement de mes vœux, demain. Tout mon être était saisi par la grandeur de Dieu.