• Premier jour. Le soir, Jésus m’a donné un sujet de méditation. Tout d’abord, mon cœur a été saisi d’une crainte mêlée de joie. Je me suis alors blottie contre son cœur. Ma crainte a disparu et la joie est restée. Je me suis sentie profondément enfant de Dieu, et le Seigneur m’a dit : « Ne crains rien. Ce qui n’est pas permis aux autres t’est accordé à toi. Les grâces qu’il n’est pas donné à d’autres âmes de voir, même de loin, tu t’en nourris chaque jour comme de ton pain quotidien.

Demande-toi, ma fille, qui est celui auquel ton cœur est étroitement uni par tes vœux… Avant même de créer le monde, je t’aimais de l’amour que ton cœur connaît aujourd’hui, et, pendant tous les siècles, mon amour ne changera pas. »

Application. À la seule évocation de celui qui est l’Époux de mon cœur, mon âme est entrée dans un profond recueillement et l’heure s’est écoulée comme une minute. Pendant mon recueillement, j’ai eu connaissance des attributs de Dieu. Embrasée intérieurement par le feu de l’amour, je suis sortie dans le jardin chercher un peu de fraîcheur, mais lorsque j’ai levé mon regard vers le ciel, une nouvelle flamme d’amour a envahi mon cœur. Alors, j’ai entendu ces paroles :

« Ma fille, as-tu déjà épuisé le sujet que je t’ai donné ? Si c’est le cas, je vais t’en donner d’autres. » J’ai répondu : « Ô majesté infinie, l’éternité ne me suffira pas pour te connaître. Mais mon amour pour toi s’est encore accru. Et pour te remercier, je dépose mon cœur à tes pieds, tel un bouton de rose. Que son parfum ravisse ton cœur divin, maintenant et pour l’éternité… » Quel paradis dans l’âme, lorsque le cœur sent que Dieu l’aime tant !

« Aujourd’hui, tu liras le chapitre 15 de l’Évangile selon saint Jean. Je désire que tu le lises très lentement. »

Seconde méditation. « Ma fille, médite sur la vie divine contenue dans l’Église pour le salut et la sanctification de ton âme. Médite sur la manière dont tu mets à profit ces trésors de grâces, ces efforts de mon amour. »

Application. Ô Jésus très compatissant, je n’ai pas toujours su mettre à profit ces dons inestimables, car je ne prêtais pas attention au don lui-même, mais j’attachais trop d’importance à l’instrument dans lequel tu me présentais tes dons. Mon très doux Maître, cela va changer à présent : je vais mettre ta grâce à profit, autant que mon âme en sera capable. La foi vivante va me soutenir. Quelle que soit la forme sous laquelle tu m’enverras la grâce, je la recevrai directement de toi, sans réfléchir à l’instrument dans lequel tu me l’enverras . Et, s’il m’arrive de ne pas pouvoir la recevoir avec joie, je l’accepterai toujours en me soumettant à ta sainte volonté.

  • Enseignement sur le combat spirituel. « Ma fille, je veux t’instruire sur le combat spirituel. Ne te fie jamais à toi-même, mais remets-toi entièrement à ma sainte volonté. Dans l’abandon, les ténèbres et les doutes de toutes sortes, aie recours à moi et à ton directeur : il te parlera toujours en mon nom. N’entre jamais en discussion avec la tentation, mais enferme-toi immédiatement dans mon cœur et révèle-la à ton confesseur dès que tu le peux. Mets l’amour-propre à la dernière place, afin que tes actions n’en soient pas entachées. Supporte-toi toi-même avec beaucoup de patience. Ne néglige pas les mortifications intérieures. Justifie toujours au-dedans de toi l’avis de ton confesseur et de tes supérieures. Puis comme la peste les personnes qui meurent. Laisse les autres agir comme ils veulent, mais toi, agis comme je te le demande. Observe la règle le plus fidèlement possible. Lorsque tu as un chagrin, demande-toi quel bien tu pourrais faire à la personne qui t’a causé cette souffrance. Ne t’épanche pas à l’extérieur. Garde le silence, quand on te réprimande. Ne demande pas l’avis de tous, mais seulement celui de ton directeur ; envers lui, sois simple et sincère comme un enfant. Ne te laisse pas décourager par l’ingratitude. Ne scrute pas avec curiosité les chemins par lesquels je te conduis. Lorsque l’ennui et le découragement frapperont à la porte de ton cœur, fuis-toi toi-même et cache-toi dans mon cœur. N’aie pas peur d’un combat ; le courage suffit souvent seul à chasser les tentations : elles n’osent pas nous assaillir. Combats toujours avec la profonde conviction que je suis près de toi. Ne te laisse pas mener par le sentiment, car tu n’en es pas toujours maîtresse, alors que c’est dans la volonté que réside tout le mérite. Sois toujours dépendante de tes supérieures dans les plus petites choses. Je ne te promets pas la paix et la consolation. Prépare-toi au contraire à des combats acharnés. Sache que tu te trouves actuellement sur une scène et que la terre et le ciel tout entier ont les yeux fixés sur toi. Lutte comme un chevalier afin que je puisse te récompenser. Ne sois pas trop effrayée, car tu n’es pas seule. »