J.M.J. Solitude, moments que je préfère, Solitude, mais toujours avec toi, Jésus, mon Seigneur. Près de ton cœur, le temps passe délicieusement Et mon âme trouve son repos.
Lorsque le cœur est rempli de toi et de ton amour, Et qu’un feu pur et ardent embrasse l’âme, L’âme ne connaîtra pas la solitude, Car elle repose sur ton sein.
Ô solitude ! Moments de la plus intense compagnie, Bien que toutes les créatures m’aient abandonnée. Je me plonge tout entière dans l’océan de ta Divinité, Et toi, avec douceur, tu écoutes mes confidences.
Ce soir, le Seigneur m’a demandé : « As-tu des désirs dans le cœur ? » J’ai répondu : « J’ai un seul immense désir, c’est de m’unir à toi pour l’éternité ! » Le Seigneur m’a répondu : « Cela arrivera bientôt. Mon enfant bien-aimée, chacune de tes émotions se reflète dans mon cœur. Mon regard repose sur toi avec bienveillance, avant de se tourner vers les autres créatures. »
Aujourd’hui, j’ai demandé au Seigneur de daigner m’instruire de la vie intérieure, parce que, par moi-même, je ne peux rien comprendre ni penser de parfait. Et le Seigneur m’a répondu : « J’ai été ton maître, je le suis et je le serai. Tâche de rendre ton cœur semblable à mon cœur humble et doux. Ne revendique jamais tes droits. Supporte avec beaucoup de sérénité et de patience tout ce qui t’arrive. Ne te défends pas si on te couvre d’opprobre, alors que tu es innocente ; laisse les autres triompher. Ne cesse pas d’être bonne quand tu t’apercevras que l’on abuse de ta bonté : je revendiquerai moi-même tes droits quand ce sera nécessaire. Sois reconnaissante pour la moindre de mes grâces, car ta gratitude me contraint à t’en accorder de nouvelles… »
Alors que je terminais le chemin de croix, le Seigneur a commencé à se plaindre des âmes religieuses et sacerdotales et du manque d’amour des âmes choisies : « Je permettrai que les églises et les couvents soient détruits. » J’ai répondu : « Pourtant, Jésus, tant d’âmes te louent dans les couvents ! » Le Seigneur a répondu : « Leurs louanges blessent mon cœur, parce que l’amour est banni des couvents. Ce sont des âmes sans amour et sans esprit de sacrifice, des âmes pleines d’égoïsme et d’amour-propre, des âmes orgueilleuses et arrogantes, des âmes pleines de perversité et d’hypocrisie, des âmes tièdes qui ont à peine assez de chaleur pour rester vivantes. Mon cœur ne peut le supporter. Toutes les grâces que je leur prodigue chaque jour en abondance glissent sur elles comme sur du roc. Je ne peux les supporter, car elles ne sont ni bonnes ni mauvaises. J’ai suscité la fondation de couvents pour qu’ils sanctifient le monde ; c’est d’eux que doit jaillir une puissante flamme d’amour et de sacrifice. Mais, s’ils ne se convertissent pas et ne sont pas embrasés du feu de l’amour qu’ils avaient à l’origine, je les ferai disparaître de ce monde… Comment pourraient-ils siéger, comme cela leur a été promis, pour juger le monde, si leurs fautes sont plus lourdes que celles du monde ? Ils ne font ni pénitence, ni réparation… Ah ! cœur de l’homme, tu me reçois le matin, mais à midi tu débordes de haine contre moi, sous les formes les plus variées. Ah ! cœur de l’homme, si je t’ai spécialement choisi, est-ce pour que tu me fasses souffrir davantage ? Les grands péchés du monde blessent mon cœur en quelque sorte superficiellement, mais les péchés d’une âme choisie le percent de part en part… »
Lorsque j’ai voulu intercéder pour eux, je n’ai rien trouvé pour les justifier et, comme je n’ai rien pu trouver sur le moment pour leur défense, la douleur a étreint mon cœur et j’ai pleuré amèrement. Alors, le Seigneur m’a regardée avec bienveillance et m’a consolée en disant : « Ne pleure pas, il y a encore un grand nombre d’âmes qui m’aiment beaucoup, mais mon cœur désire être aimé de toutes, et, comme mon amour est grand, je les menace et je les punis… »