Le 10 avril . Dimanche des Rameaux. Je suis allée à la sainte messe, mais je n’ai pas eu la force d’aller chercher les rameaux La chapelle du couvent de Cracovie communique avec la maison de telle façon qu'on entre directement du corridor du premier étage dans le chœur de la chapelle. Sœur Faustine assistait à la sainte messe dans le chœur, mais n'avait pas assez de force pour descendre et prendre part à la Procession des Rameaux. . Je me sentais tellement faible que c’est à peine si j’ai pu rester jusqu’à la fin. Durant la sainte messe, Jésus m’a fait connaître la douleur de son âme et j’ai nettement ressenti à quel point les hymnes Hosanna retentissaient douloureusement dans son cœur très saint. Mon âme aussi a été inondée d’un océan d’amertume, et chaque Hosanna me perçait le cœur de part en part. Toute mon âme a été attirée tout près de Jésus. J’ai entendu la voix de Jésus dire : « Ma fille, ta compassion est pour moi un soulagement. Ton âme revêt une beauté particulière lorsque tu médites ma Passion. »

J’ai reçu la sainte Communion à l’étage, car il m’était impossible de descendre dans la chapelle. J’étais très affaiblie par de fortes sueurs et quand celles-ci passaient un peu, j’étais saisie de frissons et prise de fièvre. Je me sentais extrêmement faible. Aujourd’hui, l’un des Pères jésuites Le père Andrzej Żukowicz s.j. (cf. Notes finales). nous a apporté la sainte Communion. Il a donné le Seigneur d’abord à trois sœurs, puis à moi et, comme il pensait que j’étais la dernière, il m’a donné deux hosties. Si bien qu’il a manqué une hostie pour une novice, qui était alitée dans une autre cellule. Le prêtre a donc dû venir une seconde fois pour lui apporter le Seigneur. Cependant Jésus m’a dit : « J’entre dans ce cœur de mauvais gré. Tu as reçu deux hosties, parce que je retarde ma venue dans cette âme qui résiste à ma grâce. L’hospitalité d’une telle âme ne m’est pas agréable. » À cet instant, mon âme a été attirée dans sa proximité et j’ai reçu une profonde lumière intérieure qui m’a fait comprendre en esprit toute la miséricorde. Cela a duré le temps d’un éclair, mais je l’ai vu plus nettement que si j’avais regardé des heures entières de mes yeux de chair.

Néanmoins, pour écrire quelque chose, je dois utiliser des mots, même s’ils ne peuvent pas rendre dans sa totalité la joie de mon âme quand elle a vu la gloire de la miséricorde de Dieu. La gloire de la miséricorde de Dieu éclate déjà malgré les efforts de ses ennemis et de Satan lui-même, qui hait tant la miséricorde de Dieu, parce que cette œuvre lui arrachera le plus grand nombre d’âmes. C’est pourquoi l’esprit des ténèbres tente parfois violemment

de bonnes personnes afin de faire obstacle à cette œuvre. Cependant, j’ai compris clairement que la volonté de Dieu s’accomplit déjà et qu’elle s’accomplira jusqu’à la fin. Les plus grands efforts des ennemis ne feront pas échouer le plus infime détail de ce que le Seigneur a décidé. Peu importe qu’il y ait des moments où il semblerait que cette œuvre soit entièrement annihilée : c’est alors qu’elle se consolide.

Mon âme a été remplie d’une paix très profonde, telle que je n’en ai jamais connu auparavant : cette assurance venue de Dieu, que rien ne peut effacer, cette paix profonde, que rien ne peut troubler, quelque grandes que soient les épreuves que je devrai traverser . Je suis en paix : Dieu dirige cette œuvre lui-même.

J’ai passé toute la journée en action de grâces, l’âme inondée de gratitude. Ô mon Dieu, que tu es bon et que ta miséricorde est grande ! Tu me combles de si grandes grâces, alors que je ne suis qu’un misérable grain de poussière ! Tombant à tes pieds, ô Seigneur, la face contre terre, je confesse d’un cœur sincère que je n’ai en rien mérité la moindre de tes grâces et que, si tu te donnes à moi avec tant de générosité, c’est par ton infinie bonté. C’est pourquoi plus les grâces que mon cœur reçoit sont grandes, plus l’humilité dans laquelle il se plonge est profonde.

  • Ô Christ, souffrir pour toi est un délice pour mon cœur et mon âme. Je voudrais que mes souffrances se prolongent à l’infini pour que je puisse te donner la preuve de mon amour. J’accepte tout ce que ta main me donne. Ton amour, Jésus, me suffit. Je te glorifierai dans l’abandon et dans les ténèbres, dans les tourments et dans l’angoisse, dans la douleur et l’amertume, dans les tourments de l’âme et dans l’amertume du cœur. Sois béni en toute chose ! Mon cœur est si détaché de la terre que toi seul me suffis entièrement. Il n’y a plus de place dans ma vie pour que je m’occupe de moi.