• Ô Christ ! si l’âme savait à l’avance combien elle devrait souffrir toute sa vie, elle mourrait d’effroi et ne tremperait pas ses lèvres dans la coupe d’amertume. Mais, comme on la lui verse goutte à goutte, elle la boit jusqu’à la lie. Ô Christ ! si tu ne soutenais pas l’âme, que pourrait-elle faire par elle-même ? Nous sommes forts, mais de ta sainteté. Nous sommes saints, mais de ta sainteté. Et nous-mêmes, que sommes-nous ? Moins que le néant…

  • Mon Jésus, toi seul me suffis pour tout en ce monde. Si grandes que soient mes souffrances, tu me soutiens. Si effrayables que soient mes abandons, tu les adoucis. Si grande que soit ma faiblesse, tu la changes en puissance. Je suis incapable de dire combien je souffre, et ce que j’ai écrit jusqu’à présent n’est qu’une goutte d’eau. Il y a des moments de souffrance que je ne saurais vraiment pas décrire. Mais il y a aussi des moments dans ma vie où, quand ma bouche se tait et ne dit pas un mot pour ma défense, et que je me soumets complètement à la volonté de Dieu, le Seigneur lui-même prend ma défense et revendique mes droits. Ces interventions sont visibles même à l’extérieur. Cependant, quand je remarque que ses admonitions prennent la forme

de punitions, je le supplie ardemment d’être miséricordieux et de pardonner, mais je ne suis pas toujours exaucée. Le Seigneur agit étrangement avec moi. Il y a des moments où lui-même m’envoie des souffrances effroyables ; d’autres moments où il ne me permet pas de souffrir et supprime même tout ce qui pourrait attrister mon âme. Telles sont ses voies, que nous ne pouvons ni concevoir, ni pénétrer. Il nous appartient de nous soumettre toujours à sa sainte volonté. Il y a des mystères que l’intelligence humaine ne comprendra jamais ici-bas ; l’éternité nous les dévoilera.