Sixième Cahier
Sœur Faustine du Très Saint Sacrement
J.M.J. Glorifie, ô mon âme, l’inconcevable miséricorde de Dieu. Que tout soit pour sa gloire !…
Cracovie, le 10 février 1938. Sixième brouillon Sœur Faustine du Très Saint Sacrement Congrégation des Sœurs de Notre-Dame de la Miséricorde
Mon cœur est attiré là où mon Dieu est caché, Où, jour et nuit, il demeure avec nous, Sous l’apparence d’une blanche Hostie. Il dirige le monde entier, il est en relation avec les âmes.
Mon cœur est attiré là où mon Seigneur se cache, Anéanti dans l’amour. Mais mon cœur sent que là est l’eau vive. C’est mon Dieu vivant, bien qu’un voile le cache.
Le 10 janvier 1938. Pendant la méditation, le Seigneur m’a fait connaître la joie du ciel et des saints qui se réjouissent de notre arrivée. Ils aiment Dieu, l’unique objet de leur amour, mais ils nous aiment, nous aussi, avec tendresse et affection. Cependant, cette joie qui se répand en tous vient du visage de Dieu, parce que nous voyons Dieu face à face. Et son visage est si adorable que l’âme tombe dans une nouvelle extase.
Le Seigneur lui-même m’incite à écrire des prières et des hymnes à la gloire de sa miséricorde, et des paroles d’adoration se pressent sur mes lèvres. J’ai remarqué que les expressions qui glorifient la miséricorde divine se présentent à mon esprit déjà toutes formulées ; aussi ai-je décidé, dans la mesure où je le pourrai, de les mettre par écrit. Je sens que Dieu me presse de le faire.
Une sœur est passée me voir un instant. Nous avons eu une brève conversation sur l’obéissance. Elle m’a dit : « Ah ! je comprends maintenant comment se comportaient les saints ! Je vous remercie. Une grande lumière est entrée dans mon âme ; j’ai beaucoup appris. »
Ô mon Jésus, c’est ton œuvre. C’est toi qui as parlé à cette âme, parce qu’avant la venue de cette sœur, j’étais entièrement abîmée en Dieu, mais au moment même où elle est entrée, je suis sortie de ce profond recueillement. Ô mon Jésus, Amour éternel, je sais que, pour être une âme utile, il faut tâcher d’être unie à toi le plus étroitement possible. Un seul mot dit par une âme unie à Dieu fait plus de bien aux âmes que les éloquents discours et les sermons d’une âme imparfaite.
- J’ai vu que le père Andrasz était étonné par mon comportement, mais que tout soit à la gloire de Dieu ! Ô Seigneur, que ta grâce est grande, qui tire l’âme vers les hauteurs ! Ma gratitude envers Dieu est immense, car il m’a donné un prêtre éclairé, alors qu’il aurait pu me laisser dans l’incertitude et l’hésitation, mais sa bonté y a remédié. Ô mon Jésus, je ne saurais compter tes bienfaits…
« Ma fille, ton combat durera jusqu’à ta mort ; il s’achèvera à ton dernier soupir. Tu vaincras par la douceur. »