Le 30 janvier . Pendant la méditation, le Seigneur m’a fait comprendre que, aussi longtemps que mon cœur battra dans ma poitrine, je devrai m’efforcer d’étendre le royaume de Dieu sur la terre. Je dois combattre pour la gloire de mon Créateur. Je sais que je rendrai à Dieu la gloire qu’il attend de moi, si je m’applique à coopérer fidèlement avec la grâce divine.

Je désire vivre de l’esprit de foi. J’accepte tout ce qui m’arrive, parce que cela m’est donné par la volonté aimante de Dieu, qui désire sincèrement mon bonheur. J’accepterai donc tout ce que Dieu m’envoie, avec soumission et gratitude, sans prêter attention à la voix de la nature ni aux suggestions de mon amour-propre. Avant toute action importante, je réfléchirai un instant sur son rapport avec la vie éternelle et je m’interrogerai sur la raison principale pour laquelle je l’entreprends : est-ce pour la gloire de Dieu, pour le bien de mon âme ou pour le bien d’autres âmes ? Si mon cœur me répond : oui, j’accomplirai cette action sans faiblir, sans prendre en considération les obstacles ni les sacrifices. Je ne me laisserai pas détourner de la décision que j’aurai prise ; il me suffira de savoir qu’elle est agréable à Dieu. Au contraire, si je reconnais que des actions n’ont rien de commun avec ce que je viens de décrire plus haut, je m’efforcerai, par une bonne intention, de les élever à des sphères plus élevées. Cependant, si je découvre que quelque chose découle de mon amour-propre, j’en supprimerai le moindre germe.

Dans les moments de doute, je m’abstiendrai d’agir et je m’appliquerai à chercher des éclaircissements auprès des prêtres, particulièrement auprès de mon directeur. Ne pas me justifier lorsque quiconque me fera des reproches ou des remarques, à moins que je ne sois interrogée directement pour témoigner de la vérité. Écouter avec beaucoup de patience les confidences des autres, accueillir leurs souffrances et leur apporter du réconfort, mais plonger mes propres souffrances dans le cœur très compatissant de Jésus. Ne jamais sortir de l’abîme de sa miséricorde et y amener le monde entier.

Pendant la méditation sur la mort, j’ai demandé au Seigneur de daigner remplir mon cœur des sentiments que j’éprouverai au moment de mourir. Et la grâce de Dieu m’a intérieurement répondu que j’avais fait tout ce qui était en mon pouvoir et que je pouvais donc être tranquille. Mon âme a alors ressenti une telle gratitude envers Dieu que je me suis mise à pleurer de joie comme un enfant… Le lendemain matin, je me suis préparée à recevoir la sainte Communion comme si je recevais le viatique, et j’ai dit à mon intention les prières pour les agonisants Selon la coutume de la Congrégation, on récitait pour les agonisants la prière : Ô très clément Jésus… et le Psaume 129 : De profundis. .

J’ai alors entendu ces paroles : « De même que tu es unie à moi pendant ta vie, de même seras-tu unie à moi au moment de ta mort. » À ces mots, une telle confiance en la miséricorde divine est née dans mon âme que, même si j’avais eu sur la conscience les péchés du monde entier et ceux de toutes les âmes damnées, je n’aurais pas douté de la bonté de Dieu, mais je me serais jetée sans réfléchir dans l’abîme de sa miséricorde, qui nous est toujours ouvert. Et, le cœur brisé, je me serais jetée à ses pieds, m’en remettant entièrement à sa sainte volonté, qui est la miséricorde même.

Ô mon Jésus, Vie de mon âme, ma Vie, mon Sauveur, mon très doux Époux, et en même temps mon Juge ! Tu sais que, dans mon heure dernière, je ne compterai sur aucun de mes mérites, mais uniquement sur ta miséricorde. Aujourd’hui déjà, je me plonge dans l’abîme de ta miséricorde, toujours ouvert à toutes les âmes.

Ô mon Jésus, je n’ai qu’une mission durant ma vie, durant ma mort et durant toute l’éternité : adorer ton inconcevable miséricorde. Ô mon Dieu, aucune intelligence ne peut concevoir le mystère de ta miséricorde. Ni celle des anges, ni celle des hommes. Les anges sont saisis de stupeur devant le mystère de la miséricorde divine, mais ils ne peuvent pas le comprendre. Tout ce qui est sorti de la main du Créateur est enfermé dans un mystère inconcevable, c’est-à-dire dans les entrailles de sa miséricorde. Lorsque je médite cela, mon esprit s’arrête, mon cœur est inondé de joie. Ô Jésus, les rayons de la miséricorde divine parviennent jusqu’à nous par ton cœur miséricordieux comme à travers le cristal.