• Seigneur, tu sais que, depuis ma jeunesse, j’ai toujours cherché à connaître ta volonté et que, après l’avoir découverte, j’ai toujours tâché de l’accomplir. Mon cœur a été habitué à être sous l’inspiration du Saint-Esprit, auquel je suis fidèle. Même dans le plus grand tumulte, j’entendais la voix de Dieu, et je sais toujours ce qui se passe à l’intérieur de mon âme…

Je m’efforce de devenir sainte, parce qu’ainsi je serai utile à l’Église. Je ne cesse de m’astreindre à pratiquer la vertu, je m’efforce d’imiter fidèlement Jésus et je dépose dans le trésor de l’Église de Dieu, pour le profit commun des âmes, toute cette suite de vertus humbles, cachées, à peine visibles, mais accomplies avec beaucoup d’amour. Je sens intérieurement que j’ai la responsabilité de toutes les âmes ; je sens bien que je vis non seulement pour moi, mais pour toute l’Église…

  • Ô Dieu inconcevable ! Mon cœur est dilaté de joie, car tu m’as permis de pénétrer dans le mystère de ta miséricorde. Tout commence avec ta miséricorde et s’achève avec ta miséricorde…

Toute grâce découle de la miséricorde et la dernière heure est pleine de miséricorde pour nous. Que personne ne doute de la bonté de Dieu ! Même si nos péchés étaient noirs comme la nuit, la miséricorde de Dieu est plus forte que notre misère. Une seule chose est nécessaire : que le pécheur ouvre, ne serait-ce qu’un peu, la porte de son cœur aux rayons de la grâce de la miséricorde divine, et Dieu se chargera du reste. Malheur aux âmes qui ont tenu fermée leur porte à la miséricorde divine, et cela, même à leur dernière heure. Ces âmes ont plongé Jésus dans une tristesse mortelle au Jardin des Oliviers, et pourtant, la miséricorde de Dieu a jailli de son cœur très compatissant.

Le 21 janvier . Jésus, il serait vraiment atroce de souffrir si tu n’étais pas là, mais c’est justement toi, Jésus, cloué sur la croix, qui m’en donnes la force : Tu es toujours auprès de l’âme qui souffre. Les créatures abandonnent l’homme dans la souffrance, mais toi, ô Seigneur, tu es fidèle…

Il arrive souvent, quand on est malade, que l’on vive la même chose que Job dans l’Ancien Testament : tant que l’on marche et que l’on travaille, tout va merveilleusement bien.

Mais quand Dieu envoie une maladie, le cercle d’amis se rétrécit étrangement. Cependant, il en reste ; ils s’intéressent à notre souffrance, et ainsi de suite. Mais, si Dieu permet que la maladie se prolonge, ces amis fidèles commencent, eux aussi, à nous abandonner peu à peu. Leurs visites se font plus rares et nous causent de la peine. Au lieu de nous consoler, ils nous reprochent certaines choses qui nous font beaucoup souffrir, et c’est ainsi que, comme Job, l’âme se retrouve seule. Heureusement, elle n’est pas vraiment seule, parce que Jésus-Hostie est avec elle. Après avoir éprouvé les souffrances dont je viens de parler et avoir passé la nuit dans l’amertume, ce matin, lorsque l’aumônier m’a apporté la sainte Communion, j’ai eu besoin de toute ma volonté pour ne pas m’écrier à haute voix : « Sois le bienvenu, véritable et unique Ami !» C’est la sainte Communion qui me donne la force de souffrir et de lutter. Je veux dire encore une chose dont j’ai fait l’expérience : lorsque Dieu ne donne ni la mort, ni la santé, et que cela dure des années, l’entourage s’y habitue et considère que l’on n’est pas malade. Alors commence un long martyre que l’on subit en silence. Dieu seul sait combien de sacrifices l’âme ne cesse de lui offrir.

Un soir où je me sentais si mal que je me demandais comment je pourrais retourner dans ma cellule, j’ai rencontré la sœur assistante. Elle expliquait à l’une des sœurs directrices qu’elle devait aller à la porterie, afin de faire une commission. Mais, quand elle m’a vue, elle a ajouté : « Non, n’y allez pas : c’est sœur Faustine qui le fera, parce qu’il pleut beaucoup. » – « Bien » ai-je répondu. Je suis allée faire cette commission, mais cela n’est connu que de Dieu. C’est un exemple parmi beaucoup d’autres. On dirait parfois qu’une sœur converse est de pierre, et pourtant, elle aussi est un être humain, elle aussi a un cœur et des sentiments…

Dieu lui-même vient alors en aide, sinon l’âme ne parviendrait pas à porter toutes les croix dont je n’ai encore rien écrit et n’écrirai rien maintenant. Je le ferai lorsque je me sentirai inspirée…

Aujourd’hui, au cours de la sainte messe, j’ai vu Jésus souffrant, comme en agonie sur la croix. Il m’a dit : « Ma fille, médite souvent les souffrances que j’ai subies pour toi, et, ainsi, rien de ce que tu souffres pour moi ne te semblera excessif. C’est lorsque tu médites ma douloureuse Passion que tu me plais le plus. Unis tes petites souffrances à ma douloureuse Passion, afin qu’elles acquièrent une valeur infinie devant ma majesté. »

  • Aujourd’hui, Jésus m’a dit : « Tu m’appelles souvent ton maître. Ceci est agréable à mon cœur, mais n’oublie pas, ma disciple, que tu es une disciple du maître crucifié. Que ce seul mot te suffise. Tu sais ce qui est contenu dans la croix. »

  • J’ai découvert l’immense puissance qui est cachée dans la patience. Je vois que la patience conduit toujours à la victoire, même si la victoire n’apparaît pas tout de suite, mais des années plus tard. La patience s’associe à la douceur.

  • Aujourd’hui, j’ai passé toute la nuit au cachot avec Jésus Cf. note 307. . C’est une nuit d’adoration. Les sœurs prient dans la chapelle. Je m’unis à elles en esprit, parce que ma mauvaise santé ne me permet pas de me rendre dans la chapelle, mais, comme je n’ai pas pu m’endormir, j’ai passé toute cette nuit au cachot avec Jésus. Jésus m’a fait connaître les souffrances qu’il y a éprouvées. Le monde les connaîtra le jour du jugement.

« Ma fille, dis aux âmes que je leur donne ma miséricorde pour leur défense. Je lutte pour elles tout seul, et je supporte la juste colère de mon Père. »

« Ma fille, dis que la fête de ma Miséricorde a jailli de mes entrailles pour la consolation du monde entier. »

Jésus, ma paix et mon repos, je te prie d’éclairer cette sœur, afin qu’elle change intérieurement. Donne-lui le puissant soutien de ta grâce, afin qu’elle aussi parvienne à la perfection…

  • Aujourd’hui, avant la sainte Communion, le Seigneur m’a dit : « Ma fille, aujourd’hui, parle ouvertement à la supérieure de ma miséricorde, car, de toutes les supérieures, c’est elle qui a pris la plus grande part à sa propagation. » Et, en effet, la mère est venue dans l’après-midi et nous avons parlé de cette œuvre de Dieu. Elle m’a dit que les petites images n’étaient pas très réussies et qu’elles ne se vendaient pas bien, mais elle a ajouté : « Moi-même, j’en ai pris beaucoup. Je les distribue là où cela me semble utile et je fais ce que je peux pour que cette œuvre de la miséricorde se répande. » Après son départ, le Seigneur m’a fait savoir combien cette âme lui est agréable.

Aujourd’hui, le Seigneur m’a dit : « J’ai ouvert mon cœur comme une source vive de miséricorde. Que toutes les âmes y puisent la vie, qu’elles s’approchent de cet océan de miséricorde avec une grande confiance. Les pécheurs obtiendront la justification, et les justes seront affermis dans le bien. À l’heure de la mort, j’emplirai de ma paix divine l’âme de celui qui aura mis sa confiance dans ma miséricorde. »

Le Seigneur m’a dit : « Ma fille, ne cesse pas de proclamer ma miséricorde. Tu soulageras ainsi mon cœur, qui brûle de pitié envers les pécheurs. Dis à mes prêtres que les pécheurs endurcis se repentiront en les entendant, lorsqu’ils parleront de mon insondable miséricorde et de la pitié que j’ai pour eux dans mon cœur. Je donnerai une force extraordinaire aux prêtres qui proclameront et glorifieront ma miséricorde ; je bénirai leurs paroles et je toucherai les cœurs auxquels ils s’adresseront. »

La vie commune est difficile en elle-même, mais vivre en contact étroit avec des âmes pleines d’orgueil est deux fois plus difficile. Ô mon Dieu, accorde-moi une foi plus profonde, afin qu’en chaque sœur je voie toujours, gravée dans son âme, ta sainte image…

Amour éternel, flamme pure, brûle continuellement dans mon cœur et divinise tout mon être selon ton éternelle complaisance, par laquelle tu m’as appelée à l’existence et invitée à prendre part à ta béatitude éternelle. Ô Seigneur miséricordieux, tu m’as comblée de ces dons uniquement par ta miséricorde. Quand je vois que tout ce qui est en moi m’a été prodigué gratuitement, j’adore avec la plus profonde humilité ton inconcevable bonté. La stupeur envahit mon cœur à la pensée que toi, Seigneur absolu, qui n’as besoin de personne, tu t’abaisses pourtant jusqu’à nous par pur amour. Je ne peux jamais revenir de ma stupeur quand le Seigneur entre dans une relation si étroite avec sa créature : c’est encore un effet de sa bonté infinie. Je commence toujours cette méditation, mais je ne la termine jamais, car mon esprit s’abîme entièrement en Dieu. Quelles délices d’aimer de toutes les forces de son âme et d’être aimée encore davantage en retour, de le sentir et de le vivre consciemment de tout son être ! Il n’y a pas de mots pour le décrire.