Le 8 janvier . Au cours de la sainte messe, j’ai eu une connaissance momentanée au sujet de l’abbé S. L'abbé Michał Sopoćko. : j’ai vu que nos efforts, dont Dieu retire une si grande gloire, sont communs, et que, malgré notre éloignement, nous sommes souvent ensemble, parce que le même but nous unit.

Ô mon Jésus, mon unique désir, je voulais te recevoir aujourd’hui dans mon cœur avec plus de ferveur que jamais, mais c’est justement aujourd’hui que mon âme est plus aride qu’elle ne l’a jamais été. Ma foi croît en puissance, si bien que le fruit de ta venue, Seigneur, sera abondant. Tu viens souvent sans affecter mes sens et tu ne règnes que dans les sphères supérieures de mon être, mais il arrive parfois que mes sens se réjouissent, eux-aussi, de ta venue.

Je prie souvent le Seigneur Jésus de me donner une intelligence éclairée par la foi. Je m’adresse à lui en ces termes : « Jésus, donne-moi de l’intelligence, une grande intelligence, uniquement pour que je puisse mieux te connaître, parce que, mieux je te connaîtrai, et plus je t’aimerai. Jésus, je te prie de me donner une intelligence puissante, afin que je puisse comprendre les choses divines et supérieures. Jésus, donne-moi une grande intelligence qui me permette de connaître ton Être Divin et ta vie intime, Trine. Donne à mon esprit les capacités nécessaires par ta grâce particulière. Je sais bien qu’il y a des aptitudes provenant de la grâce que l’Église me transmet, mais il existe encore un grand trésor de grâces, que tu nous accordes, Seigneur, quand nous t’en prions. Toutefois, si ma demande te déplaît, je te prie de ne pas me donner d’inclination pour cette sorte de prière. »

Je m’efforce d’atteindre la plus grande perfection, afin d’être utile à l’Église. Je suis maintenant beaucoup plus unie à l’Église. La sainteté, comme la chute, de chaque âme en particulier a des répercussions sur toute l’Église. En m’observant et en observant mon proche entourage, j’ai découvert que j’exerce une grande influence sur d’autres âmes, non pas par des actions héroïques, car celles-ci sont frappantes par elles-mêmes, mais par de menus gestes, tels qu’un mouvement de la main, un regard ou beaucoup d’autres choses que je n’énumérerai pas ici, mais qui agissent et se reflètent dans d’autres âmes. Je l’ai remarqué moi-même.

Ah ! qu’il est bon que notre règle impose le silence absolu au dortoir et ne nous permette pas d’y rester sans nécessité absolue ! J’ai actuellement une petite chambre où nous dormons à deux, mais, depuis que je suis tombée malade et que j’ai dû m’aliter, j’ai constaté combien il est pénible que quelqu’un demeure constamment dans la chambre. Sœur N. avait un travail manuel à réaliser . Elle n’a presque pas quitté notre chambre et une autre sœur venait lui apprendre ce travail. Il m’est difficile de dire à quel point cela m’épuisait. Lorsque l’on est faible et que l’on a passé toute la nuit à souffrir, chaque parole résonne dans le cerveau, particulièrement lorsque vos yeux commencent à se fermer. Ô règle, il y a tant d’amour en toi !

Pendant les vêpres, au moment où l’on chantait ces paroles du Magnificat : « Il a déployé la force de son bras », mon âme s’est plongée dans un profond recueillement, et j’ai su et compris que le Seigneur accomplirait bientôt son œuvre dans mon âme. Je ne m’étonne plus, maintenant, qu’il ne m’ait pas tout dévoilé plus tôt.