- Lorsque la nuit est tombée, mes souffrances physiques ont augmenté et des souffrances morales s’y sont ajoutées. Nuit et souffrance. Le silence solennel de la nuit m’a donné la possibilité de souffrir sans plus me contraindre. Le corps étiré sur le bois de la croix, je me suis tordue dans d’atroces souffrances jusqu’à onze heures. Je me suis transportée en esprit devant le tabernacle et j’ai ouvert le ciboire. J’ai appuyé ma tête sur le bord du calice, et toutes mes larmes ont coulé sans bruit dans le cœur de celui qui est seul à comprendre ce que sont la douleur et la souffrance. J’ai éprouvé de la douceur dans cette souffrance et mon âme s’est mise à désirer cette douce agonie que je n’échangerais pas contre tous les trésors du monde. Le Seigneur m’a accordé la force spirituelle et de l’amour pour tous ceux qui me font souffrir. Voilà pour le premier jour de l’année.
Le même jour, j’ai senti les prières de la belle âme qui priait pour moi et me donnait en esprit sa bénédiction sacerdotale. J’ai répondu par une fervente prière.
- Ô Seigneur de toute bonté, comme tu es miséricordieux de juger chacun selon sa conscience et son discernement, et non selon les bavardages humains ! Mon esprit s’émerveille et se nourrit de plus en plus de ta sagesse, dont j’ai une connaissance de plus en plus profonde, et l’immensité de ta miséricorde se révèle à moi encore plus clairement. Ô mon Jésus, cette connaissance de mon âme a pour conséquence de me transformer en un brasier d’amour pour toi, mon Dieu.