J.M.J. Année 1938. Premier janvier. Sois la bienvenue, Année Nouvelle, durant laquelle ma perfection sera parachevée ! Je te remercie d’avance, Seigneur, pour tout ce que ta bonté m’enverra. Je te remercie pour la coupe de souffrance que je boirai tous les jours. N’en adoucis pas l’amertume, Seigneur, mais fortifie mes lèvres, afin qu’en la buvant, je puisse sourire par amour pour toi, ô mon Maître ! Je te remercie pour toutes les consolations et les grâces innombrables qui, telle la rosée du matin, se répandent chaque jour sur moi, sans bruit, imperceptiblement, si bien qu’elles sont invisibles aux regards curieux des créatures et ne sont connues que de toi et de moi. Je te remercie pour tout cela, dès aujourd’hui, parce que mon cœur ne sera peut-être pas capable de te rendre grâce, au moment où tu me tendras cette coupe.
Aujourd’hui, Seigneur, avec une volonté aimante, je m’abandonne entièrement à ta sainte volonté et à tes très sages décrets, toujours pleins d’amour et de miséricorde pour moi, même si, parfois, je ne peux ni les comprendre, ni les pénétrer. Mon Maître, voici que je t’abandonne entièrement le gouvernail de mon âme : dirige-la toi-même selon ton divin plaisir. Je m’enferme dans ton cœur compatissant, qui est un océan d’insondable miséricorde.