- Dès que je suis arrivée à la chapelle, tout au début de la Messe de Minuit, je me suis plongée dans un profond recueillement. J’ai vu la crèche de Bethléem, remplie d’une grande clarté. La Très Sainte Vierge, rayonnante d’un immense amour, emmaillotait Jésus, tandis que saint Joseph dormait encore. C’est seulement lorsque Marie a mis Jésus dans la mangeoire que la lumière divine a éveillé Joseph. Il s’est aussitôt joint à Marie pour prier. Un moment plus tard, cependant, je suis restée seul à seul avec le petit Jésus, qui m’a tendu ses petits bras, et j’ai compris que c’était pour que je le prenne dans les miens. Jésus a blotti sa tête contre mon cœur et m’a fait comprendre par son regard profond qu’il se sentait bien contre mon cœur. Au même instant, Jésus a disparu et on sonna les clochettes pour la sainte Communion. Mon âme défaillait de joie.
Cependant, vers la fin de la sainte messe, je me sentais si faible que j’ai dû sortir de la chapelle et retourner dans ma cellule, de sorte que je n’ai pas pu prendre le thé avec la communauté. Néanmoins, ma joie a été immense pendant toutes les Fêtes, parce que mon âme était sans cesse unie au Seigneur. J’ai su que toutes les âmes voudraient bien recevoir les consolations divines, mais que beaucoup d’entre elles ne veulent à aucun prix renoncer aux consolations humaines. Or, les deux choses sont absolument inconciliables.
Pendant cette période de Fêtes, j’ai senti que certaines âmes priaient pour moi. Je me réjouis qu’il existe dès ici-bas une telle union et une telle connaissance spirituelle. Ô mon Jésus, gloire à toi pour toutes choses !
Dans les plus grands tourments de mon âme, je suis toujours seule. Non, pas seule, puisque je suis avec toi, Jésus ; je plains des gens. Personne ne comprend mon cœur, mais cela ne m’étonne plus à présent. Autrefois, j’étais étonnée lorsque mes intentions étaient critiquées et mal interprétées, mais, maintenant, cela ne me surprend plus du tout. Les gens ne savent pas percevoir l’âme, ils voient que le corps et ils jugent d’après ce corps. Or, autant le ciel est loin de la terre, autant les pensées de Dieu sont loin des nôtres. J’ai fait moi-même l’expérience qu’il arrive assez souvent que… Ici, la phrase est interrompue. Quelqu'un a probablement dérangé sœur Faustine et elle n'a pas poursuivi ce qu'elle avait commencé d'écrire.
Le Seigneur m’a dit : « Ne te préoccupe pas de la manière dont les autres se comportent, mais comporte-toi toimême comme je te l’ordonne : tu dois être reflet vivant par l’amour et la miséricorde. » J’ai répondu : « Mais, Seigneur, tu sais bien qu’on abuse souvent de ma bonté. » – « Ce n’est rien, ma fille, n’y attache pas d’importance : sois toujours miséricordieuse envers tout le monde, particulièrement envers les pécheurs. »
- « Ah ! combien il m’est douloureux que les âmes s’unissent si peu à moi lors de la sainte Communion ! J’attends les âmes, mais elles sont indifférentes envers moi. Je les aime si tendrement, si sincèrement, et elles se méfient de moi. Je veux les combler de mes grâces, et elles ne veulent pas les accepter. Elles se conduisent envers moi comme envers une chose morte, et pourtant mon cœur déborde d’amour et de miséricorde pour elles. Afin que tu connaisses, ne serait-ce qu’un petit peu, la douleur que j’éprouve, imagine la plus tendre des mères qui aime profondément ses enfants, mais dont les enfants dédaignent l’amour. Considère sa peine : personne ne saurait la consoler. Ce n’est là qu’une pâle image de mon amour, une faible ressemblance [de la douleur que j’éprouve]. »
« Écris, parle de ma miséricorde. Dis aux âmes que c’est au tribunal de ma miséricorde C'est-à-dire dire dans le sacrement de pénitence. qu’elles doivent chercher consolation. Là, les plus grands miracles ont lieu, sans cesse renouvelés. Pour obtenir un miracle, il n’est nul besoin de faire un lointain pèlerinage ou d’accomplir des rites ; il suffit de s’agenouiller avec foi aux pieds de celui qui tient ma place et de lui dire sa misère. C’est alors que le miracle de la miséricorde divine se manifestera dans toute sa plénitude. Même si l’âme est comme un cadavre en décomposition ; même si, humainement parlant, il semble qu’aucun retour à la vie n’est possible et que tout est perdu, il n’en est pas ainsi pour Dieu. Le miracle de la miséricorde divine redonne vie à l’âme dans toute sa plénitude. Ah ! malheureux, ceux qui ne profitent pas de ce miracle de la miséricorde divine : c’est en vain qu’ils l’invoqueront, il sera trop tard. »