J.M.J. Ô Jésus caché, vie de mon âme, Objet de mon ardent désir, Rien ne peut diminuer ton amour dans mon cœur. C’est ce que m’assure la force de notre mutuel amour.
Ô Jésus caché, gage glorieux de ma résurrection, En toi se concentre toute ma vie. Ô sainte Hostie, tu me rends capable d’aimer pour l’éternité, Et je sais qu’en retour, tu m’aimes comme ton enfant.
Ô Jésus caché, mon amour le plus pur, Ma vie avec toi commence dès ici-bas Et se manifestera dans toute sa plénitude dans l’éternité future, Car notre amour mutuel jamais ne changera.
Ô Jésus caché, mon âme désire que toi. Tu m’es, à toi seul, plus que les délices célestes. Plus que tous les dons, plus que toutes les grâces, c’est toi seul que mon âme cherche, Toi qui viens à moi sous l’apparence du pain.
Ô Jésus caché, rappelle enfin à toi mon cœur assoiffé Qui brûle pour toi du feu pur d’un Séraphin. Dans la vie, il avance, marchant dans tes pas – invincible, Le front haut, tel un chevalier, bien que je ne sois qu’une jeune fille.
Depuis un mois, je me sens plus mal, et, chaque fois que je tousse, je sens que mes poumons se décomposent. Il m’arrive parfois de sentir la décomposition complète de mon propre corps. C’est une souffrance difficile à décrire. Bien que ma volonté l’accepte totalement, ma nature en souffre beaucoup, plus que lorsque je porte le cilice ou quand je me flagelle jusqu’au sang. Cette souffrance m’était le plus sensible lorsque j’allais au réfectoire : je faisais de grands efforts pour manger quelque chose, parce que la nourriture me donnait des nausées. C’est aussi à ce moment-là que j’ai commencé à avoir également des douleurs intestinales, et tous les mets un peu épicés me causaient des douleurs épouvantables. C’est ainsi que j’ai passé plus d’une nuit en larmes, me tordant dans de terribles souffrances pour le salut des pécheurs.
J’ai quand même demandé à mon confesseur ce que je devais faire : continuer à supporter cela pour les pécheurs, ou demander à la supérieure de faire une exception, en me faisant servir une nourriture plus légère. Mon confesseur a décidé que je devais demander à la supérieure une nourriture plus légère. J’ai donc fait ce que mon confesseur m’a enjoint, voyant que cette humiliation était plus agréable à Dieu.
Un jour, j’ai été saisie d’un doute et je me suis demandé comment on peut sentir cette décomposition de l’organisme et continuer en même temps à marcher et à travailler : n’est-ce pas une illusion ? D’un autre côté, cela ne peut pas être une illusion, puisque cela me cause de si atroces souffrances. Pendant que j’y réfléchis, une sœur vient me parler un moment. Au bout de quelques minutes, elle fait une terrible grimace et me dit : « Ma sœur, je sens ici un cadavre ; c’est exactement comme si un cadavre se décomposait. Ah ! c’est affreux ! » Je lui ai répondu : « Ne vous effrayez pas, ma sœur, c’est moi qui sens ce cadavre. » Elle a été très étonnée, mais elle m’a dit qu’elle ne pouvait pas supporter cette odeur plus longtemps. Lorsqu’elle est partie, j’ai compris que Dieu lui avait fait sentir cela afin que je n’aie plus de doute, mais que, de façon tout à fait miraculeuse, il cache cette souffrance à toute la Congrégation. Ô mon Jésus, toi seul connais toute la grandeur de ce sacrifice !
Cependant, il m’a fallu encore supporter au réfectoire des remarques de personnes qui me soupçonnaient de faire la fine bouche. Dans ces moments-là, comme toujours, je m’empresse d’aller devant le tabernacle et je m’incline devant le ciboire pour y puiser la force de me conformer à la volonté de Dieu. Ce que je viens d’écrire n’est pas encore tout.
Aujourd’hui, pendant la sainte confession, en partageant en esprit le pain azyme avec moi, mon confesseur m’a souhaité ceci : « Soyez le plus fidèle possible à la grâce de Dieu. Deuxièmement : implorez la miséricorde divine pour vous et pour le monde entier, parce que nous avons tous beaucoup, beaucoup besoin de la miséricorde divine. »
Deux jours avant les Fêtes, on a lu au réfectoire les paroles suivantes: « Demain, Nativité de Notre Seigneur Jésus-Christ selon la chair » Citation du Martyrologe Romain, dont on faisait la lecture au réfectoire avant le repas, après la prière. . À ces mots, mon âme a été traversée de part en part par la lumière et l’amour de Dieu, et j’ai mieux compris le mystère de l’Incarnation. Quelle immense miséricorde de Dieu est contenue dans le mystère de l’Incarnation du Fils de Dieu !
Aujourd’hui, le Seigneur m’a fait connaître sa colère contre l’humanité qui mérite à cause de ses péchés que ses jours soient abrégés, mais j’ai compris que l’existence du monde était maintenue par les âmes choisies, c’est-à-dire par les ordres religieux. Malheur au monde si les ordres religieux venaient à manquer !