Huitième jour. Ô mon Seigneur, pendant que je méditais près de ton cœur très saint sur tous tes bienfaits, j’ai ressenti le besoin de te remercier tout particulièrement pour tant de grâces et de dons divins. Je désire me plonger dans une prière de remerciement devant la majesté de Dieu et demeurer en action de grâces durant sept jours et sept nuits. À l’extérieur, j’accomplirai tous mes devoirs, mais mon âme se tiendra constamment devant le Seigneur et tous mes exercices seront empreints de l’esprit de reconnaissance. Le soir, durant une demi-heure, je me tiendrai à genoux dans ma cellule, seul à seul avec le Seigneur, et, la nuit, chaque fois que je me réveillerai , je me plongerai dans une prière d’action de grâces. Je veux ainsi remercier Dieu, au moins partiellement, pour ses immenses bienfaits.
Toutefois, pour rendre cela plus agréable aux yeux de Dieu et dissiper l’ombre du moindre doute, je suis allée voir mon directeur de conscience et je lui ai dit le désir de mon âme de se plonger dans l’action de grâces. Il m’a tout permis, sauf de m’astreindre à prier la nuit, quand je me réveillerai.
Je suis revenue au couvent À la fin de la retraite, sœur Faustine s'est rendue à l'église des jésuites pour se confesser au père Józef Andrasz qui, comme on le devine à la lecture de ce passage, l'a fortifiée spirituellement. avec une immense joie, et, dès le lendemain, j’ai commencé cette grande action de grâces par l’acte de renouvellement de mes vœux. Toute mon âme s’est plongée en Dieu et de tout mon être jaillissait, seule, une flamme de reconnaissance et d’action de grâces, et elle montait vers Dieu. Il y avait peu de mots, car les bienfaits de Dieu consumaient mon âme comme un brasier. Et toutes mes souffrances et mes peines étaient comme du bois jeté dans les flammes, sans lequel le feu se serait éteint. J’ai invité tout le ciel et toute la terre à se joindre à mon action de grâces.
La retraite est finie. Ces beaux jours où l’on est seul à seul avec Jésus ont pris fin. J’ai accompli cette retraite comme Jésus l’a souhaité et de la manière qu’il m’a indiquée le premier jour : j’ai médité les bienfaits de Dieu dans la plus grande paix. Je n’avais jamais fait une telle retraite de ma vie. Mon âme a été plus solidement affermie par cette paix que par des chocs ou des émotions. Sous les rayons de l’amour, j’ai vu toutes choses telles qu’elles sont dans la réalité.
À la fin de cette retraite, je me sens complètement transformée par l’amour de Dieu. Ô Seigneur, divinise mes actions, afin qu’elles aient du mérite pour l’éternité. Bien que je sois très faible, j’ai confiance en la puissance de ta grâce, qui me soutiendra.
Mon Jésus, tu sais que, depuis ma prime enfance, j’ai désiré être une grande sainte, c’est-à-dire t’aimer comme personne ne t’a jamais aimé. Au début, c’étaient des désirs secrets que Jésus seul connaissait. Aujourd’hui, je ne peux plus les contenir dans mon cœur. Je voudrais crier au monde entier : « Aimez Dieu, car il est bon, et grande est sa miséricorde ! »
Ô jours ordinaires et pleins de grisaille ! Je vous regarde comme si vous étiez des jours de solennité et de fête. Combien le temps qui nous donne la possibilité d’amasser des mérites pour l’éternité, est grandiose et solennel ! Je sais comment les saints le mettraient à profit.