• Septième jour. Connaître ma destinée, c’est avoir l’assurance intérieure de parvenir à la sainteté. Ce qui a profondément conscience a rempli mon âme de gratitude envers Dieu, à qui toute la gloire en revient, parce que je sais ce que je suis par moi-même.

Je sors de cette retraite complètement transformée par l’amour de Dieu. Mon âme commence avec sérieux et courage une nouvelle vie, même si, à l’extérieur, cette vie n’aura changé en rien et que personne ne s’en apercevra. Et pourtant, c’est pur amour qui guide désormais ma vie, et, à l’extérieur, c’est la miséricorde qui en est le fruit. Je sens que je suis entièrement pénétrée de Dieu et c’est avec Dieu que je chemine dans la grisaille de la vie quotidienne, pesante et fastidieuse, confiante en celui que je sens dans mon cœur qu’il transformera cette grisaille en ma sainteté personnelle.

Dans un silence profond, mon âme mûrit pendant cette retraite près de ton cœur miséricordieux. Exposée aux purs rayons de ton amour, mon âme a perdu son âpreté pour devenir un fruit doux et mûr. Maintenant, je peux être entièrement utile à l’Église par ma sainteté personnelle, dont la vie palpitera dans toute l’Église, puisque nous constituons tous un seul organisme en Jésus. C’est pourquoi je fais tout ce que je peux pour que le terreau de mon cœur produise de bons fruits, même s’il est probable qu’aucun regard humain ne le remarquera. Cependant, un jour viendra où il apparaîtra que beaucoup d’âmes se sont nourries et se nourriront de ces fruits.

Ô Amour éternel, qui allumes en moi une nouvelle vie, une vie d’amour et de miséricorde ! Soutiens-moi de ta grâce, afin que je réponde dignement à ton appel et que, par mon intermédiaire, s’accomplisse dans les âmes ce que tu as projeté d’y accomplir.

Mon Dieu, je vois l’éclat de l’aurore éternelle. Toute mon âme, Seigneur, s’élance vers toi ; plus rien ne me retient ni ne me rattache à la terre. Aide-moi, Seigneur, à supporter avec patience les jours qui me restent à vivre. L’offrande de mon amour se consume sans cesse devant ta majesté, mais dans un tel silence, mon Dieu, que seul ton regard la voit ; personne d’autre ne peut l’apercevoir.

Ô mon Seigneur, bien que tant de choses me préoccupent, bien que cette œuvre me tienne à cœur, bien que je désire le triomphe de l’Église et le salut des âmes, bien que je sois touchée par les persécutions de tes fidèles et que chaque chute des âmes me soit douloureuse, je garde dans mon âme une paix profonde qu’aucun triomphe, aucun désir, aucune adversité ne peuvent troubler. Car, pour moi, tu surpasses toutes les épreuves que tu [m’] envoies, ô mon Seigneur et mon Dieu !