Le 1 septembre 1937. J’ai vu le Seigneur Jésus, tel un Roi, dans une grande majesté. Il regardait notre terre avec sévérité. Pourtant, à la prière de sa Mère, il a prolongé le temps de la miséricorde.
Le 3 septembre . Premier vendredi du mois. Pendant la sainte messe, j’ai été unie à Dieu. Jésus m’a fait comprendre que pas une chose, aussi petite soit-elle, n’advient dans le monde sans qu’il le veuille. Après cette vision, mon âme est entrée dans une étrange quiétude. Je me suis complètement tranquillisée au sujet de cette œuvre dans toute son ampleur. Dieu peut faire de moi ce qui lui plaît, je le bénirai pour tout.
Jusqu’à présent, c’est avec une certaine crainte que je me demandais où me mèneraient toutes ces inspirations. Une crainte plus grande encore m’a saisie lorsque le Seigneur m’a fait connaître que je devrais quitter cette Congrégation. Trois ans ont passé depuis, et mon âme ressent tantôt de l’enthousiasme et l’impatience d’agir, et j’ai alors beaucoup de courage et de force, et tantôt l’abandon du Seigneur, quand vient le moment décisif de commencer cette œuvre. Une étrange frayeur s’empare alors de mon âme, et je vois que ce n’est pas encore l’heure que le Seigneur a fixée pour passer à l’action. Ce sont là des souffrances que je ne peux même pas décrire. Dieu seul sait ce que j’éprouve jour et nuit… Il me semble que je pourrais facilement supporter les plus grands supplices des martyrs que tout ce que je subis, même si je ne verse pas une goutte de sang. Mais tout est pour les âmes, Seigneur, pour les âmes…
Acte d’abandon total à la volonté divine, qui est pour moi l’amour et la miséricorde même.