Le 16 [août 1937]. Après la sainte Communion, j’ai vu le Seigneur Jésus dans toute sa majesté, et il m’a dit : « Ma fille, au cours des semaines pendant lesquelles tu ne m’as ni vu, ni senti ma présence, j’ai été plus profondément uni à toi que durant les moments d’élan. Et ta fidélité ainsi que le parfum de ta prière sont parvenus jusqu’à moi. » À ces paroles, mon âme a été inondée de la consolation divine. Je ne voyais pas Jésus et je ne pouvais prononcer qu’un mot : « Jésus. » Et quand je prononçais ce nom, mon âme était à nouveau inondée de lumière et d’un profond recueillement qui a duré trois jours sans interruption. Toutefois, je pouvais accomplir mes tâches à l’extérieur.

Tout mon être a été touché dans ses profondeurs les plus secrètes. La grandeur de Dieu ne m’effraie pas ; au contraire, elle me rend heureuse. En rendant gloire à Dieu, je suis moi-même élevée. Quand je vois son bonheur, je suis moi-même heureuse, parce que tout ce qui est en lui se répand sur moi.

J’ai eu connaissance de l’état d’une âme et de ce qui, en elle, déplaisait à Dieu. Je le découvre de la façon suivante : en un instant, j’éprouve des douleurs aux mains, aux pieds, au côté, aux endroits où ont été percés les mains, les pieds et le côté du Sauveur. À ce moment-là, j’ai la connaissance de l’état d’une âme et du genre de péché qu’elle a commis.

Je désire faire réparation au Seigneur. Aujourd’hui, j’ai porté pendant sept heures une ceinture de chaîne Cf. note 106. pour obtenir à une âme la grâce de la contrition. Au cours de la septième heure, j’ai éprouvé un soulagement, parce que cette âme ressentait au-dedans d’elle la rémission de ses péchés, bien qu’elle ne se fût pas encore confessée. Pour un péché des sens, je mortifie mon corps et je jeûne, dans la mesure où cela m’est permis. Pour le péché d’orgueil, je prie, le front contre le sol. Pour le péché de haine , je prie et j’accomplis une bonne action envers une personne avec laquelle j’ai des difficultés. Et c’est ainsi que je fais réparation, selon le genre de péché commis.

Le 19 [août 1937]. Aujourd’hui, pendant l’adoration, le Seigneur m’a fait connaître combien il désire que l’âme se distingue par des actes d’amour, et j’ai vu en esprit combien d’âmes nous crient : « Donnez-nous Dieu ! » Aussitôt, un sang apostolique a bouillonné en moi. Je ne l’épargnerai pas ; je le verserai jusqu’à la dernière goutte pour les âmes immortelles. Dieu n’exigera peut-être pas que je le fasse physiquement, mais cela m’est possible en esprit et n’en est pas moins méritoire.

Aujourd’hui, j’ai compris qu’il ne fallait pas demander d’autorisation particulière pour cette affaire, mais que si Dieu la Mère de Dieu le souhaite. Pour le moment, il n’est pas nécessaire que je donne des explications et j’ai retrouvé la paix. J’ai obtenu cette inspiration en allant faire mon examen de conscience, alors que j’étais très inquiète, parce que je ne savais pas comment procéder. La lumière de Dieu peut faire davantage en un instant que mes tourments pendant plusieurs jours.