- Jésus s’est présenté aujourd’hui à la porte du couvent sous l’aspect d’un jeune homme pauvre. Un jeune homme hâve, vêtu d’habits en lambeaux, pieds nus et tête nue, gelé, car la journée était froide et pluvieuse. Il a demandé quelque chose de chaud à manger. Je suis allée dans la cuisine, mais il n’y avait rien pour les pauvres. J’ai fini par trouver un peu de soupe que j’ai fait réchauffer et dans laquelle j’ai émietté un peu de pain, puis j’ai servi le pauvre qui l’a mangée. Au moment où je lui reprenais le bol, il m’a fait comprendre qu’il était le Maître du ciel et de la terre. Dès que j’ai vu qui il était, il a disparu de ma vue. Quand je suis rentrée dans le couvent et alors que je réfléchissais à ce qui s’était passé à la porte, j’ai entendu dans mon âme ces paroles : « Ma fille, les bénédictions des pauvres qui me bénissent quand ils s’éloignent de la porte du couvent sont parvenues à mes oreilles, et ta miséricorde, qui s’exerce dans les limites de l’obéissance, m’a plu. C’est pourquoi je suis descendu de mon trône, afin de goûter le fruit de ta miséricorde. »
Ô mon Jésus, maintenant tout est clair et j’ai compris ce qui vient de se passer. Je me demandais bien qui pouvait être ce pauvre qui montrait une telle modestie. Depuis ce moment, mon cœur s’est enflammé d’un amour encore plus pur envers les pauvres et ceux qui sont dans la nécessité. Ah ! comme je me réjouis que mes supérieures m’aient confié cette tâche ! Je comprends que la miséricorde peut être pratiquée de diverses façons et que l’on peut faire le bien toujours, partout et en tout temps. Un ardent amour de Dieu voit constamment autour de lui des occasions de servir par l’action, la parole et la prière. Maintenant , Seigneur, je comprends les paroles que tu m’as dites jadis.
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Ah ! quels immenses efforts je dois fournir pour bien accomplir mes tâches, alors que ma santé est si mauvaise ! Toi seul le sais, ô Christ !
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Dans les moments d’abandon intérieur, je ne perds pas la paix, parce que je sais que Dieu n’abandonne jamais une âme, à moins que, par son infidélité, elle ne brise elle-même ce lien d’amour. Cependant, absolument toutes les sciences dépendent du Seigneur et sont maintenues par sa toute-puissance. Il gouverne les unes avec amour, les autres avec justice, et c’est à nous de décider sous quelle autorité nous voulons vivre, parce que l’aide de la grâce suffisante n’est refusée à personne. Cet abandon apparent ne m’effraie pas du tout. Je m’examine plus profondément, pour voir si ce n’est pas de ma faute. Si cela n’est pas le cas, alors, sois béni !