Le 1 octobre 1937. « Ma fille, j’ai besoin d’un sacrifice accompli par amour, car ceci seul compte à mes yeux. Les dettes dont le monde m’est redevable sont très grandes. Les âmes pures peuvent s’en acquitter par leurs sacrifices, en pratiquant la miséricorde en esprit. »

« Je comprends tes paroles, Seigneur, ainsi que l’ampleur de la miséricorde qui doit rayonner dans mon âme. » Jésus : « Je sais bien, ma fille, que tu les comprends et que tu fais tout ce qui est en ton pouvoir, mais écris ceci pour les nombreuses âmes qui se désolent parfois de ne pas avoir les moyens matériels de faire des actes de miséricorde. Or, la miséricorde en esprit a bien plus de mérite ; elle n’exige ni permission, ni trésor, et elle est accessible à toutes les âmes. Si l’âme ne pratique pas la miséricorde de quelque manière que ce soit, elle n’obtiendra pas ma miséricorde au jour du jugement. Ah ! si les âmes savaient amasser les trésors éternels, elles ne seraient pas jugées ; elles devanceraient mon jugement par la miséricorde. »

Le 10 octobre . « Ô mon Jésus ! Pour te remercier de tant de grâces, je t’offre mon âme et mon corps, ma raison et ma volonté et tous les sentiments de mon cœur ! Par mes vœux, je me suis donnée entièrement à toi et je n’ai plus rien que je puisse t’offrir. » Jésus m’a dit : « Ma fille, tu ne m’as pas offert ce qui est véritablement à toi. » Je suis rentrée en moi-même, et j’ai vu que j’aimais Dieu de toutes les forces de mon âme.

Et, comme je ne parvenais pas à découvrir ce que je n’avais pas encore donné au Seigneur, j’ai demandé : « Jésus, dis-le moi et je te le donnerai aussitôt de bon cœur. » Jésus m’a répondu avec bienveillance : « Ma fille, donne-moi ta misère, parce qu’elle est ta propriété exclusive. » À ce moment, un rayon de lumière a illuminé mon âme et j’ai vu tout l’abîme de ma misère. Au même instant, je me suis jetée contre le très saint cœur de Jésus, avec une confiance telle, que, même si j’avais eu sur la conscience les péchés de tous les damnés, je n’aurais pas douté de la miséricorde de Dieu, mais, le cœur brisé par la contrition, je me serais jetée dans l’abîme de sa miséricorde. Je crois, ô Jésus, que tu ne m’aurais pas rejetée, mais que tu m’aurais absout par la main de celui qui tient ta place.

Tu as rendu l’esprit, Jésus, mais la source de vie a jailli pour les âmes et un océan de miséricorde s’est ouvert pour le monde entier. Ô source de vie, insondable miséricorde de Dieu, embrasse le monde entier et déverse-toi sur nous !

« À trois heures, implore ma miséricorde, particulière- ment pour les pécheurs, et plonge-toi, même un court instant, dans ma Passion, en particulier dans mon abandon au moment de mon agonie. C’est une heure de grande miséricorde pour le monde entier. Je te laisserai pénétrer dans ma mortelle tristesse ; en cette heure, je ne saurais rien refuser à l’âme qui me prie par ma Passion… »