- Ô humilité, fleur splendide, je vois combien les âmes qui te possèdent sont rares. Est-ce parce que tu es si belle et, en même temps, si difficile à acquérir ? Ôh oui, l’un et l’autre ! Dieu lui-même se délecte de l’humilité. Les écluses des cieux sont entrouvertes pour l’âme humble et un océan de grâces se déverse sur elle. Ah ! que l’âme humble est belle ! De son cœur, comme d’un encensoir, monte un parfum délicieux qui traverse les nuées, parvient jusqu’à Dieu lui-même et comble de joie son cœur très saint. À une âme humble, Dieu ne refuse rien : elle est toute-puissante, elle influe sur le sort du monde entier. Dieu élève cette âme jusqu’à son trône, et, plus elle s’abaisse, plus Dieu se penche vers elle, la poursuit de ses grâces et l’accompagne à chaque instant de sa toute-puissance. Une telle âme est très profondément unie à Dieu. Ô humilité, enracine-toi fortement dans tout mon être. Ô Vierge très pure, mais aussi très humble, aide-moi à acquérir une profonde humilité. Je comprends maintenant pourquoi il y a si peu de saints : peu d’âmes sont profondément humbles.
Amour éternel, Abîme de miséricorde, ô Sainteté Trine, mais Divinité Une dont le cœur déborde d’amour ! Comme un Père très bon, tu ne méprises personne ! Ô Amour de Dieu, Source vive, déverse-toi sur nous qui sommes tes indignes créatures. Que notre misère ne retienne pas les torrents de ton amour, parce qu’il n’y a pas de limites à ta miséricorde.
- Jésus, j’ai l’impression que tu t’occupes moins de moi : « Oui, mon enfant, je me cache derrière ton directeur Le père Józef Andrasz s.j. . Il s’occupe de toi selon ma volonté. Respecte chacune de ses paroles comme mes propres paroles. Il est le voile sous lequel je me cache. Ton directeur et moi ne faisons qu’un ; ses paroles sont les miennes. »
Lorsque je fais le chemin de croix, j’éprouve une pro- fonde émotion à la douzième station. Là, je médite sur la toute-puissance de la miséricorde de Dieu passée par le cœur de Jésus. Dans la plaie ouverte du cœur de Jésus, j’enferme la pauvre humanité tout entière… et les personnes que j’aime. Je le fais chaque fois que je fais le chemin de croix. De cette source de miséricorde, sont sortis ces deux rayons, le sang et l’eau, qui inondent le monde entier de la multitude de leurs grâces…
Lorsque l’on est faible et malade, on ne cesse de faire des efforts pour accomplir ce que tout le monde fait normalement, et pourtant, on ne réussit pas toujours à venir à bout de ce « normalement. » Mais merci pour tout, Jésus ! Ce n’est pas l’importance des tâches, mais la grandeur de l’effort qui sera récompensée. Tout ce qui est accompli par amour n’est pas petit, mon Jésus, car ton œil voit tout. Je ne sais pourquoi je me sens si mal le matin. Je dois rassembler toutes mes forces pour sortir du lit, et, parfois, il me faut même de l’héroïsme. Je pense à la sainte Communion et un peu de forces me reviennent. La journée commence donc par un combat, et c’est par un combat qu’elle s’achève.
Lorsque je vais me coucher, je me sens comme un soldat qui revient du champ de bataille. Ce que contient cette journée n’est connu que de toi, mon Maître et Seigneur.
Méditation. Pendant la méditation, la sœur dont le prie-Dieu est à côté du mien se racle la gorge et tousse constamment, parfois même sans interruption. L’idée m’est soudain venue de changer de place pour le temps de la méditation, puisque la sainte messe venait de se terminer. Mais je me suis dit : « Si je change de place, cette sœur s’en apercevra et pourrait être peinée parce que je m’écarte d’elle. » J’ai donc décidé de rester en prière à ma place, offrant à Dieu cet acte de patience. Vers la fin de la méditation, la consolation divine a inondé mon âme autant que mon cœur était capable de le supporter, et le Seigneur m’a fait comprendre que si je m’étais écartée de cette sœur, je me serais écartée des grâces qui se sont déversées dans mon âme.