Le 16 septembre . Aujourd’hui, j’ai ardemment désiré faire l’Heure sainte devant le Très Saint Sacrement, mais la volonté de Dieu était différente : à huit heures, j’ai éprouvé de si violentes douleurs que j’ai dû m’aliter immédiatement. Je me suis tordue de douleur pendant trois heures, c’est-à-dire jusqu’à onze heures du soir. Aucun médicament ne m’a soulagée et je rejetais tout ce que je prenais. Par moments, la douleur me faisait perdre conscience. Jésus m’a fait savoir qu’ainsi, j’ai pris part à son agonie au Jardin des Oliviers et qu’il avait lui-même permis ces souffrances afin de faire réparation à Dieu pour les âmes assassinées dans le sein des mauvaises mères. Cela fait déjà trois fois que j’ai éprouvé ces souffrances ; elles commencent toujours à huit heures et durent jusqu’à onze heures du soir. Aucun médicament ne peut les atténuer. Lorsque onze heures approchent, elles cessent d’elles-mêmes et je m’endors immédiatement. Le lendemain, je me sens très faible. C’est au sanatorium que cela m’est arrivé la première fois. Les médecins n’ont pas réussi à établir le diagnostic. Ni piqûres, ni médicaments ne me soulageaient et je ne comprenais pas moi-même ce que pouvaient être ces souffrances. J’ai dit au médecin que je n’avais jamais éprouvé de douleurs semblables, et il m’a répondu qu’il ne savait pas de quoi il s’agissait. Maintenant, je comprends ce que sont ces souffrances, parce que le Seigneur me l’a fait savoir… Néanmoins, lorsque je pense que je devrais peut-être les subir à nouveau un jour, je suis parcourue d’un frisson. Mais je ne sais pas si cela m’arrivera encore, je laisse cela à Dieu. J’accepterai avec soumission et amour tout ce qu’il lui plaira de m’envoyer. Plût au ciel que, par ces souffrances, je puisse sauver du meurtre ne serait-ce qu’une âme.

Le jour qui suit ces souffrances, je perçois l’état des âmes et leurs dispositions envers Dieu ; je suis pénétrée d’une véritable connaissance.

Je reçois la sainte Communion de façon en quelque sorte angélique. Mon âme est inondée de la lumière de Dieu et se nourrit de lui. Mes sentiments sont comme assoupis. C’est une union purement spirituelle avec le Seigneur ; c’est la grande prédominance de l’esprit sur la nature.

Le Seigneur m’a accordé la connaissance des grâces dont il ne cesse de me combler. Cette lumière a pénétré au plus profond de mon être, et j’ai compris les inconcevables égards de Dieu pour moi. Je suis donc restée dans ma cellule pour rendre longuement grâce à Dieu, étendue sur le sol, le visage contre terre, versant des larmes de gratitude. Je ne pouvais pas me relever, parce que, chaque fois que je voulais le faire, la lumière de Dieu me faisait connaître une nouvelle grâce divine. Ce n’est que la troisième fois que j’ai pu me relever. Comme un enfant, j’ai senti que tout ce que possède le Père céleste est aussi à moi. Il m’a lui-même soulevé de terre jusqu’à son cœur. J’ai senti que tout ce qui existe était à moi de façon exclusive, mais moi, je n’éprouvais aucun désir pour tout cela, car Dieu seul me suffit.

Aujourd’hui, j’ai découvert avec quelle aversion le Seigneur vient dans une certaine âme lors de la sainte Communion. Il va dans ce cœur comme s’il allait au cachot pour être tourmenté et supplicié. Je lui ai demandé pardon et lui ai fait réparation pour cet outrage.

Le Seigneur m’a fait savoir que je verrais mon frère Sœur Faustine avait deux frères : Stanisław et Mieczysław Kowalski. En lisant la suite du Petit Journal, nous apprenons que c'est son frère Stanisław qui lui a rendu visite. , mais il arrive pas à comprendre comment je pourrais le voir, et pourquoi il viendrait me rendre visite. Je sais bien qu’il a la grâce de la vocation religieuse, mais pourquoi viendrait-il me voir ? J’ai finalement repoussé ces réflexions, et je suis convaincue que, si le Seigneur m’a fait savoir qu’il viendrait, cela doit me suffire. J’ai uni ma pensée à Dieu, sans plus me préoccuper de la créature, et j’ai tout remis dans les mains du Seigneur.