Quatrième Cahier
Sœur Faustine
J.M.J. Aujourd’hui, Jésus est venu demeurer dans mon cœur, Il est descendu du haut de son trône céleste. Le grand Seigneur, le Créateur de toutes choses, Est venu à moi sous les espèces du pain.
Ô Dieu éternel, tu es enfermé dans mon cœur, Avec toi je possède le ciel entier. Et avec les anges je te chante : Saint. Je vis uniquement pour ta louange.
Ce n’est pas au Séraphin que tu t’es uni, ô mon Dieu, Mais à l’homme misérable Qui sans toi ne peut rien accomplir. Mais envers lui tu es toujours miséricordieux.
Mon cœur est pour toi une demeure. Ô Roi de gloire éternelle, Règne dans mon cœur en maître et en roi, Comme dans un palais somptueux.
Ô Dieu grand et inconcevable, Qui as daigné t’abaisser à ce point, Je te rends gloire en toute humilité, Et te supplie de daigner me sauver.
J.M.J. Ô douce Mère de Dieu, Sur toi je modèle ma vie.
Tu es pour moi la lumineuse aurore. En toi je me perds avec ravissement.
Ô Mère, Vierge Immaculée, En toi se reflète pour moi le rayonnement de Dieu. Tu m’apprends comment aimer le Seigneur au milieu des orages. Tu es mon bouclier et ma protection contre l’ennemi. Cracovie, le 10 août 1937.
Sœur Marie-Faustine du Très Saint-Sacrement
Ô sainte Hostie, source de la douceur divine, Tu donnes sa force à mon âme. Ô Dieu grand et tout-puissant, qui as pris corps de la Vierge, Tu viens, caché, dans mon cœur, Et la puissance des sens ne t’atteint pas..
J.M.J. Cracovie, le 10 août 1937 Quatrième petit journal
Tout est pour toi, Jésus : je désire, avec chaque battement de mon cœur, adorer ta miséricorde et je désire, dans la mesure de mes forces, inciter les âmes à avoir confiance en cette miséricorde, Seigneur, comme tu me l’as toi-même ordonné.
Une nuit obscure règne dans mon cœur et dans mon âme. Devant mon esprit s’élève un mur infranchissable qui m’a caché Dieu, mais ce n’est pas moi qui suis la cause de ces ténèbres. Ce tourment est étrange, et je crains de le décrire ici dans toute son ampleur, mais, même dans cet état, je m’efforce de t’être fidèle, ô mon Jésus, toujours et en tout. Mon cœur ne bat que pour toi.
Le 10 août 1937. Aujourd’hui, je suis rentrée de Rabka à Cracovie. Je me sens très malade. Seul, Jésus sait combien je souffre. Ces jours-ci, j’ai été tout à fait semblable à Jésus crucifié. Je me suis armée de patience pour expliquer à chaque sœur que je n’ai pas pu rester plus longtemps là-bas parce que je m’y sentais plus malade, même si je savais que certaines sœurs ne me le demandaient pas pour compatir à mes souffrances, mais pour m’en ajouter de nouvelles.
Ô Jésus, quelles ténèbres m’entourent et quel néant m’envahit ! Mais, mon Jésus, ne me laisse pas seule, accorde-moi la grâce de la fidélité. Je ne peux pas pénétrer le mystère de cette épreuve que tu permets, mais il est en mon pouvoir de dire : « Que ta volonté soit faite. »