• J’ai un immense désir de me cacher. Je voudrais vivre comme si je n’existais pas du tout. Je ressens l’étrange désir intérieur de me cacher très profondément pour que seul le cœur de Jésus me connaisse. Je désire être pour Jésus une demeure silencieuse où il puisse se reposer. Je n’admettrai rien qui puisse réveiller mon Bien-aimé ! Être cachée me permet d’être sans cesse en relation uniquement avec lui. Je n’ai de relations avec les créatures qu’autant que cela plaît à mon Bien-aimé. Mon cœur s’est mis à aimer le Seigneur de toute la force de l’amour, et je ne connais pas d’autre amour, parce que, dès le commencement, mon âme s’est abîmée dans le Seigneur comme en son unique trésor.

  • Bien qu’à l’extérieur, j’éprouve beaucoup de souffrances et que je rencontre toutes sortes d’obstacles et de difficultés, cela ne diminue pas un instant ma vie intérieure et ne trouble pas non plus mon silence intérieur. Je ne crains pas les moments de solitude, parce que, même si tout le monde devait m’abandonner, je ne serais pas seule : le Seigneur est avec moi. Et, même si le Seigneur devait se cacher, l’amour le trouvera, car il n’y a pour l’amour ni portes ni sentinelles. Même le vigilant Chérubin au glaive flamboyant n’arrêtera pas l’amour. Il se frayera un chemin à travers les forêts impénétrables, la chaleur torride, les tempêtes, la foudre et les ténèbres et parviendra à la Source dont il a jailli pour y demeurer toujours. Tout passera, mais l’amour ne passera jamais. + Aujourd’hui, j’ai eu des oranges. Quand la sœur est partie, j’ai pensé : « Est-ce qu’au lieu de me mortifier et de faire pénitence pendant le saint Carême je devrais manger des oranges ? Et cela, alors que je me sens un peu mieux ? » Alors, j’ai entendu une voix dans mon âme : « Ma fille, tu me plairas bien plus si tu manges les oranges par obéissance et par amour de moi que si tu jeûnes et te mortifies de ta propre volonté. Une âme qui m’aime beaucoup doit, devrait vivre de ma volonté. Je connais ton cœur et je sais que rien, hormis mon amour, ne peut le satisfaire. »

  • Je ne saurais vivre sans le Seigneur. Dans mon isolement, Jésus me rend souvent visite. Il m’instruit, me rassure, m’admoneste et me reprend. Il façonne lui-même mon cœur à sa guise et selon ses divins désirs, toujours plein de miséricorde et de bonté. Nos cœurs ne font qu’un.