Le 9 juillet 1937. Ce soir, l’une des nos sœurs défuntes est venue me demander d’offrir à son intention une journée de jeûne ainsi que tous mes exercices spirituels de cette journée. J’ai accepté.
Le lendemain, très tôt, j’ai décidé de tout offrir à l’intention de cette sœur. Pendant la sainte messe, j’ai vécu pendant un moment son supplice, et j’ai éprouvé dans mon âme une telle faim de Dieu qu’il me semblait mourir du désir de m’unir à lui. Cela n’a pas duré longtemps, mais j’ai compris ce qu’est la nostalgie des âmes du purgatoire.
Aussitôt après la messe, j’ai demandé à la mère supérieure l’autorisation de jeûner, mais je ne l’ai pas obtenue, parce que je suis malade. Quand je suis entrée dans la chapelle, j’ai entendu ces paroles : « Ma sœur, si vous saviez à quel point n’aurais obtenu de soulagement que ce soir, mais, grâce à votre obéissance, je l’ai éprouvé immédiatement. L’obéissance est une grande force. » Après ces paroles, j’ai entendu : « Que Dieu vous le rende ! »
Je prie souvent pour la Pologne, mais je vois que Dieu est très en colère contre elle à cause de son ingratitude. J’essaie de toute mon âme de la défendre. Je ne cesse de rappeler à Dieu ses promesses de miséricorde. Lorsque je vois sa colère, je me jette avec confiance dans l’abîme de sa miséricorde et j’y plonge toute la Pologne. Ainsi, Dieu ne peut appliquer sa justice. Ô ma Patrie, combien tu me coûtes ! Pas un jour ne passe sans que je prie pour toi.
Phrase de saint Vincent de Paul : « Le Seigneur met toujours la main à l’œuvre, lorsqu’il écarte tous les moyens humains et nous ordonne de faire quelque chose qui dépasse nos forces. »
- Jésus : « La miséricorde pour les âmes ruisselle de toutes mes plaies, mais c’est la plaie de mon cœur qui est la source de l’insondable miséricorde ; c’est de cette source que jaillissent toutes les grâces pour les âmes. Les flammes de la pitié me brûlent. Je désire les répandre sur les âmes des hommes. Parle au monde entier de ma miséricorde. »
L’amour de Dieu grandit en nous aussi longtemps que nous vivons. Nous devrions rechercher l’amour de Dieu jusqu’à notre mort. J’ai appris et je sais par expérience que les âmes qui vivent dans l’amour se distinguent par une grande lumière quant à la connaissance des choses divines, aussi bien dans leur âme propre que dans l’âme d’autrui. Et les âmes simples, sans instruction, se distinguent par leur savoir.
À la quatorzième station, j’éprouve l’étrange sensation que Jésus va en terre.
Lorsque mon âme est tourmentée, je pense seulement ceci : Jésus est bon et plein de miséricorde, et, même si la terre devait s’effondrer sous mes pieds, je ne cesserais pas de lui faire confiance.
Aujourd’hui, j’ai entendu ces paroles : « Ma fille, prédilection de mon cœur, je regarde ton âme avec délice. J’accorde beaucoup de grâces par égard pour toi et je suspends aussi des châtiments, uniquement par égard pour toi. Tu me retiens et je ne peux pas exercer ma justice; ton amour me lie les mains. »
Le 13 juillet 1937. Aujourd’hui, Jésus m’a éclairée sur la manière de me comporter envers une sœur qui m’a interrogée sur beaucoup de choses spirituelles à propos desquelles elle avait des doutes, mais, en réalité, il ne s’agissait pas de cela : elle voulait s’assurer de mon point de vue sur ces sujets, afin de pouvoir parler de moi à d’autres sœurs. Ah ! si au moins, elle rapetait les paroles que je lui ai dites sans les déformer, ni en rajouter ! Jésus m’a mise en garde contre cette âme. J’ai décidé de prier pour elle, car seule la prière peut l’éclairer.
Ô mon Jésus, rien ne peut diminuer mon idéal, c’est-à-dire l’amour que j’ai pour toi. Bien que le chemin soit hérissé d’épines, je n’ai pas peur d’aller de l’avant. Même si une grêle de persécutions s’abattait sur moi, même si mes amis m’abandonnaient et que tout se liguait contre moi, même si l’horizon s’assombrissait et que la tempête faisait rage, et même si j’étais seule pour affronter tout cela, alors, ô mon Dieu, je ferais tranquillement confiance à ta miséricorde et mon espoir ne serait pas déçu.
Aujourd’hui, au réfectoire, lorsque la sœur qui faisait le service s’est approchée de moi, j’ai ressenti une violente douleur aux endroits des plaies [de Jésus]. Il m’a été donné de connaître l’état de son âme. J’ai beaucoup prié pour elle.
Soudaine accalmie de l’orage. Cette nuit, il y a eu un terrible orage. Je me suis inclinée, la face contre terre, et j’ai commencé à réciter Les Litanies des Saints. Vers la fin des litanies, j’étais si somnolente que je ne pouvais en aucune manière les terminer. Je me suis alors levée et j’ai dit au Seigneur : « Jésus , apaise cet orage, car ton enfant n’est pas capable de prier plus longtemps et le sommeil la gagne. » À ces mots, j’ai ouvert la fenêtre toute grande, sans même mettre le crochet. Sœur N. m’a dit : « Mais que faites-vous ? La tempête va arracher la fenêtre ! » Je lui ai répondu tranquillement et, soudain, l’orage a complètement cessé. Le lendemain, les sœurs ont commenté la brusque fin de l’orage et ne savaient pas l’expliquer. Je n’ai rien dit, j’ai seulement pensé : « Jésus et la petite Faustine en connaissent l’explication… »