Le 27 [juin 1937]. Aujourd’hui, j’ai vu le couvent de cette nouvelle congrégation Cf. PJ 435-438 ; 559 ; 563 ; 573 ; 1155-1158, etc. . Les locaux en étaient grands et spacieux. J’ai visité une chose après l’autre, et j’ai vu que partout la Providence divine avait pourvu à tout ce qui était nécessaire. Les personnes qui vivaient dans ce couvent portaient encore des vêtements civils, mais l’esprit monastique y régnait déjà pleinement et je disposais tout comme le voulait le Seigneur. Soudain, j’ai été réprimandée par l’une de nos sœurs : « Comment pouvez-vous accomplir des œuvres pareilles ? » J’ai répondu : « Ce n’est pas moi, mais le Seigneur qui le fait par mon intermédiaire. Et j’ai l’autorisation de tout faire. » Pendant la sainte messe, la lumière et une profonde compréhension de toute cette œuvre me sont venues et n’ont pas laissé l’ombre d’un doute dans mon âme.
Le Seigneur m’a fait connaître sa volonté, qui impose à trois catégories d’âmes des prescriptions différentes, mais finalement proches.
La première est que des âmes retirées du monde se consument en holocauste devant le trône de Dieu et implorent sa miséricorde pour le monde entier… Elles imploreront sa bénédiction pour les prêtres et, par leurs prières, elles prépareront le monde à l’ultime venue de Jésus.
La deuxième est que des âmes vivent dans la prière en y joignant l’acte de miséricorde. Elles seront en particulier chargées de défendre du mal les âmes des enfants. Tout ce qu’elles devront accomplir consiste en la prière et en l’acte de miséricorde. On pourra accueillir dans ce groupe même les plus pauvres. Ces âmes s’efforceront d’éveiller dans ce monde égoïste l’amour, la miséricorde de Jésus.
La troisième est que des âmes vivent dans la prière et pratiquent la miséricorde sans être liées par des vœux, mais, en agissant ainsi, elles auront part aux mêmes mérites et aux mêmes privilèges que les autres. Tous les gens qui vivent dans le monde peuvent appartenir à ce groupe.
Toutes les personnes qui font partie de ce dernier groupe devront accomplir chaque jour au moins un acte de miséricorde. Au moins ! Car il peut y en avoir beaucoup et on peut aisément les accomplir, même si on est très pauvre. En effet, il y a trois façons de faire miséricorde : par la parole de miséricorde, qui est pardon ou consolation. Deuxièmement, là où la parole ne peut rien, par la prière, et cela est miséricorde. Troisièmement, par les actes de miséricorde. Il qu’au viendra le dernier jour, c’est là-dessus que nous serons jugés et que nous recevrons notre sentence pour l’éternité.
Dieu a entrouvert pour nous les écluses des cieux. Nous devons en profiter avant que n’arrive le jour de la Justice de Dieu, parce que ce jour sera terrible.
Un jour, j’ai demandé au Seigneur comment il pouvait tolérer sans les punir tant de forfaits et tant de crimes. Il m’a répondu : « J’ai l’éternité pour punir. Maintenant, je prolonge le temps de la miséricorde, mais malheur à eux s’ils ne reconnaissent pas le temps de ma grâce. Ma fille, secrétaire de ma miséricorde, tu as non seulement le devoir d’écrire et de proclamer ma miséricorde, mais encore celui d’implorer pour eux ma grâce, afin qu’eux aussi glorifient ma miséricorde. »
Aujourd’hui, mon âme a ressenti de tels tourments que j’ai commencé à me plaindre au Seigneur Jésus : « Jésus, comment peux-tu me laisser seule ? De moi-même, je ne peux pas avancer d’un seul pas. Tu te caches et tu m’as pris mon confesseur. Pourtant, Jésus, Tu sais bien que je ne sais rien faire toute seule, sinon gaspiller tes grâces. Jésus, dispose les circonstances de façon que le père Andrasz revienne. » Et pourtant, mon angoisse a persisté.
L’idée m’est alors venue d’aller voir un prêtre pour lui exposer mes tourments et diverses inspirations où je n’ai pas trouvé une solution, et je l’ai même dit à la mère supérieure. Elle m’a répondu : « Je veux bien croire que vous vivez des moments difficiles, mais, pour l’instant, je ne vois vraiment aucun prêtre qui pourrait vous répondre. D’ailleurs, le père Andrasz va bientôt rentrer. En attendant, confiez tout au Seigneur Jésus. »
Quand je suis venue parler un instant avec le Seigneur, j’ai entendu une voix dans mon âme : « Ma fille, je ne t’accorderai pas la grâce de t’ouvrir à un autre prêtre, et même si tu te confiais à lui, je ne lui donnerais pas la grâce de te comprendre. En ce moment, il me plaît que tu supportes patiemment toi-même. Ma fille, ce n’est pas ma volonté que tu parles à tout le monde des dons que je t’ai accordés. Je l’ai mise sous la protection d’un prêtre d’un cœur, et c’est sous sa direction que ton âme s’épanouira. C’est à lui que j’ai accordé la lumière pour qu’il connaisse ma vie à l’intérieur de ton âme.
Ma fille, lorsque j’étais devant Hérode, je t’obtenais la grâce de savoir t’élever au-dessus du mépris humain et de suivre fidèlement mes pas. Garde le silence, quand on ne veut pas reconnaître ta vérité, parce que tu parles alors de façon plus convaincante.
Sache, ma fille, que si tu tends à la perfection, tu sanctifieras un grand nombre d’âmes, alors que si tu ne tendais pas à la sainteté, beaucoup d’âmes resteraient imparfaites. Sache que leur perfection dépendra de la tienne et que c’est toi qui porteras la plus grande part de responsabilité. »
Et il a ajouté : « N’aie pas peur, mon enfant, mais ne sois fidèle qu’à ma grâce… »
Satan m’a déclaré que j’étais l’objet de sa haine. Il m’a dit : « Mille âmes me font moins de tort que toi, quand tu parles de la grande miséricorde du Tout-Puissant. Les plus grands pécheurs reprennent confiance et reviennent à Dieu, et moi – continuait l’esprit mauvais – je perds tout. De plus, tu me poursuis avec cette insondable miséricorde du Tout-Puissant. » J’ai compris à quel point Satan hait la miséricorde de Dieu : il ne veut pas reconnaître que Dieu est bon.
Le 29 juin 1937. Ce matin, pendant le petit déjeuner, le père Andrasz a téléphoné pour saluer toute la Congrégation. Il est rentré de Rome et, l’après-midi même, il est venu chez nous. Toutes les sœurs professes, le noviciat et les élèves des deux classes se sont rassemblées dans le carré Le terrain destiné aux jeux des élèves de la maison situé devant le bâtiment était appelé « le carré » à cause de sa forme. pour attendre notre cher père. Les enfants l’ont accueilli avec des chants et des poèmes, puis nous lui avons demandé de nous parler de Rome et de toutes les belles choses qu’il y a vues. Il nous a raconté tout cela pendant plus de deux heures, si bien qu’il ne restait plus assez de temps pour un entretien en particulier.
Aujourd’hui, mon âme est entrée en étroite union avec le Seigneur. Il m’a fait connaître combien je dois toujours m’abandonner à sa sainte volonté. Il m’a dit : « En un instant, je peux t’accorder plus que tu ne peux désirer. »
Le 30 juin 1937. Aujourd’hui, le Seigneur m’a dit : « J’ai souvent voulu distinguer cette Congrégation, mais je ne le peux pas, à cause de son orgueil. Sache, ma fille, que je n’accorde pas mes grâces aux âmes orgueilleuses, et que je reprends même celles que j’ai déjà données. »
Aujourd’hui, sœur Jolanta Sœur Jolanta – Aleksandra Woźniak, éducatrice dans la maison de Vilnius. En juillet 1937, elle suivait une formation pédagogique à Cracovie (cf. : Notes finales). m’a proposé de conclure un accord : elle priera pour moi, et moi je prierai pour sa classe de Vilnius. En ce qui me concerne, je prie toujours pour notre œuvre, mais j’ai décidé de prier pendant deux mois pour sa classe de Vilnius. Et sœur Jolanta récitera chaque jour à mon intention trois Je vous salue, Marie au Verbe Incarné, afin que je mette mieux à profit la grâce divine. Notre amitié s’est encore renforcée.
Le 1 juillet 1937. Mois de juillet. Aujourd’hui, au cours de la récitation de l’Angélus, le Seigneur m’a fait comprendre l’inconcevable amour de Dieu envers les hommes. Il nous élève jusqu’à sa Divinité. Il se laisse guider uniquement par son amour et son insondable miséricorde. Tu nous annonces le Mystère par un Ange, mais tu l’accomplis toi-même.
Malgré la profonde paix dont jouit mon âme, je ne cesse de lutter, et, parfois même, je livre un combat acharné pour rester fidèlement mon chemin, c’est-à-dire celui que Jésus veut que je poursuive. Et mon chemin, c’est la fidélité à la volonté de Dieu, toujours et en tout, et particulièrement la fidélité aux inspirations intérieures, afin d’être un instrument docile dans la main de Dieu pour mener à bien l’œuvre de son insondable miséricorde.