• Le 6 juin . Premier dimanche du mois. Aujourd’hui, j’ai commencé la retraite mensuelle.

Lumière reçue pendant ma méditation matinale : quoi que tu fasses de moi, Jésus, je t’aimerai toujours, car je suis à toi. Peu importe que tu me laisses ici ou que tu m’envoies ailleurs, je suis toujours à toi.

Je me soumets avec amour à tes très sages décisions, ô mon Dieu, et ta volonté, Seigneur, est ma nourriture de chaque jour. Toi qui connais les battements de mon cœur, tu sais, mon Jésus, qu’il bat uniquement pour toi. Rien ne pourrait apaiser ma nostalgie de toi. Je meurs de soif de toi, Jésus. Quand m’emporteras-tu dans ta demeure ?

« Que les plus grands pécheurs mettent leur espoir en ma miséricorde. Ils ont droit avant tous les autres à la confiance en l’abîme de ma miséricorde. Ma fille, écris au sujet de ma miséricorde pour les âmes accablées. Les âmes qui s’adressent à ma miséricorde font mon délice. J’accorde à ces âmes des grâces bien au-delà de leurs désirs. Je ne peux punir même le plus grand pécheur, s’il invoque ma pitié ; je le justifie dans mon insondable et inconcevable miséricorde. Écris : avant de venir comme Juge équitable, j’ouvre d’abord toute grande la porte de ma miséricorde. Qui ne veut pas passer par la porte de ma miséricorde devra passer par la porte de ma justice… »

Un jour où, pour une certaine raison, mon cœur était gonflé de chagrin, je me suis plainte au Seigneur, et Jésus m’a répondu : « Ma fille, pourquoi attaches-tu tant d’importance à l’enseignement et au discours des hommes ? Je veux t’enseigner moi-même et c’est pourquoi j’arrange les circonstances de manière que tu ne puisses pas participer à ces conférences. Je te ferai connaître en un instant beaucoup plus ce que d’autres n’acquerront qu’en peinant pendant des années. »

Le 20 juin . C’est lorsque nous pardonnons à notre prochain que nous sommes le plus semblables à Dieu. Dieu est amour, bonté et miséricorde…

Il m’a dit : « Toute âme, et surtout toute âme religieuse, devrait refléter ma miséricorde. Mon cœur déborde de pitié et de miséricorde envers tous. Le cœur de mon épouse doit ressembler au mien ; de son cœur doit jaillir la source de ma miséricorde pour toutes les âmes, sinon, je ne me déclarerai pas pour elle. »

  • J’ai vu à certains moments combien des âmes religieuses défendent leur amour-propre en faisant semblant de défendre la gloire de Dieu. En réalité, il ne s’agit pas du tout de la gloire de Dieu, mais de la leur. Oh ! Jésus, comme cela m’a été douloureux ! Quel secret dévoilera le jour de ton jugement ! Comment peut-on dérober les dons de Dieu ?

Aujourd’hui, une personne laïque m’a causé beaucoup de peine. Partant d’un seul fait véridique, cette personne a raconté beaucoup de choses de son invention, mais on a cru que toutes étaient vraies ; puis on les a répétées dans toute la maison. Lorsque cela est parvenu à mes oreilles, j’ai eu le cœur serré. Comment peut-on abuser ainsi de la bonté de quelqu’un ? Toutefois, j’ai décidé de ne pas dire un mot pour ma défense et de témoigner à cette personne encore plus de bonté, mais je me suis rendu compte que je n’avais pas assez de forces pour supporter cela avec sérénité, car cela a continué pendant des semaines. Lorsque j’ai remarqué que l’orage s’amassait et que le vent soufflait du sable dans les yeux, je suis allée devant le Saint Sacrement et j’ai dit au Seigneur : « Jésus, je te prie de me donner la force de ta grâce coopérante, car je sens que je ne gagnerai pas ce combat. Protège-moi. »

J’ai alors entendu ces paroles : « N’aie pas peur, je suis avec toi. » Lorsque je me suis éloignée de l’autel, une force et un calme étranges ont rempli mon âme. La tempête qui faisait rage s’est brisée contre mon âme comme une vague contre un rocher et l’écume en est retombée sur ceux qui l’avaient soulevée. Ah ! que le Seigneur est bon ! Il rend à chacun selon ses actes… Que toute âme implore l’aide de la grâce coopérante, parce que la grâce ordinaire ne suffit pas toujours.

  • Quand la douleur s’empare de toute mon âme, Quand l’horizon devient noir comme la nuit, Quand la souffrance déchire mon cœur, Jésus crucifié, tu es ma force.

Quand mon âme, accablée de douleur, Rassemble ses forces, puis combat sans répit, Quand mon cœur agonise d’amertume et de douleur, Jésus crucifié, tu es l’espoir de mon salut.

Ainsi passent les heures ; jour après jour, L’âme est plongée dans un océan d’amertume, Le cœur est rempli de larmes, Mais, Jésus crucifié, tu m’illumines comme l’aurore.

Et quand la coupe d’amertume déborde, Quand tout conspire contre l’âme, Quand elle vit l’agonie du Jardin des Oliviers, Jésus crucifié, tu es ma défense.

Quand l’âme, forte de son innocence, Accepte de Dieu toutes ces épreuves, Alors le cœur devient capable de rendre amour contre chagrin. Jésus crucifié, transforme ma faiblesse en toute-puissance !

Il n’est pas facile de supporter les souffrances avec gaieté, surtout quand on ne les a pas méritées. La nature corrompue se révolte, et, même si la volonté et la raison sont au-dessus de la souffrance, parce qu’elles peuvent faire du bien à ceux qui vous font souffrir, le sentiment se manifeste très bruyamment. Comme un esprit tourmenté, il s’attaque à la volonté et à la raison, mais quand il voit que, seul, il n’arrive à rien, il se calme et se soumet à elles. Comme une sorte d’épouvantail , il fait irruption au-dedans de nous et fait beaucoup de vacarme, pour peu qu’on veuille l’écouter s’il n’est pas tenu en bride par la volonté et la raison.

Le 23 juin . Pendant que je priais devant le Très Saint Sacrement, mes souffrances physiques ont soudain cédé et j’ai entendu une voix dans mon âme : « Tu vois que je peux tout te donner en un instant ; aucune loi ne m’arrête. »

Le 24 juin . Après la sainte Communion, j’ai entendu ces paroles : « Sache, ma fille, que, en un instant, je peux te donner tout ce dont tu as besoin pour accomplir cette œuvre. » Depuis, une étrange lumière demeure dans mon âme et tous les souhaits de Dieu me paraissent si simples que même un enfant pourrait les réaliser.