Le 23 [mai 1937]. Fête de la Très Sainte Trinité. Pendant la sainte messe, j’ai été soudain unie à la Très Sainte Trinité. J’ai vu sa majesté et sa grandeur. J’ai été unie aux Trois Personnes. Et, comme cela a lieu lorsqu’on est unie à l’Une de ces Vénérables Personnes, j’étais en même temps unie aux deux autres. La félicité et l’allégresse qui se sont données à mon âme sont indescriptibles. Cela m’attriste de ne pas pouvoir décrire avec des mots ce pour quoi il n’y a pas de mots.

J’ai entendu ces paroles : « Dis à la mère générale de compter sur toi comme sur la plus fidèle des filles de l’Ordre. »

Lorsque j’ai entendu ces paroles, j’ai compris intérieurement ce qu’est devant Dieu toute chose créée. Sa majesté est immense et inconcevable, et s’il s’abaisse jusqu’à nous avec tant de bienveillance, c’est en vertu de son infinie bonté…

Tout a une fin dans cette vallée de larmes, Les pleurs s’apaiseront et la douleur passera. Une seule chose demeure, et demeurera toujours, L’amour pour toi, ô Seigneur.

Tout a une fin en l’exil où nous sommes, Les épreuves comme le désert de l’âme. Et même lorsque l’âme est en perpétuelle agonie, Si Dieu est avec elle, rien ne peut l’ébranler.

Le 27 [mai 1937]. Fête-Dieu. Pendant la prière, j’ai entendu ces paroles : « Ma fille, que ton cœur s’emplisse de joie ! Moi, le Seigneur, je suis avec toi ; ne crains rien, tu es dans mon cœur. » Au même moment, j’ai vu l’immense majesté de Dieu et j’ai compris que rien ne peut être comparé à un acte de connaissance de Dieu ; toute grandeur extérieure se dissipe comme de la poussière devant un seul acte de connaissance plus profonde de Dieu.

Le Seigneur a répandu dans mon âme une paix si profonde que plus rien ne pourrait la troubler. Tout ce qui se passe autour de moi ne m’enlève pas un seul instant ma sérénité. Même si le monde s’écroulait, cela ne pourrait pas troubler la paix profonde de mon âme où Dieu repose. Tous les événements et les choses les plus diverses qui ont lieu, sont sous ses pieds.

Cette connaissance plus profonde de Dieu me donne une légèreté et une liberté d’esprit complètes, et rien ne peut faire obstacle à mon étroite union avec lui, même les puissances angéliques. Je sens que je suis grande, lorsque je suis unie à Dieu. Quel bonheur d’avoir dans son cœur la conscience de la présence de Dieu et de vivre dans une étroite intimité avec lui !

Lorsque la procession, qui venait de Borek Il s'agit de la procession de la Fête-Dieu, ou fête du Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ. Cette procession partait de l'église paroissiale à Borek Fałęcki et se terminait devant le dernier des reposoirs qui se trouvait dans le jardin de la Congrégation des Sœurs de Notre-Dame de la Miséricorde. Le Très Saint Sacrement restait ensuite dans la chapelle des sœurs. et portait Jésus pour le déposer dans notre chapelle, est arrivée chez nous, j’ai entendu une voix venant de l’Hostie : « C’est ici mon repos. » Pendant la bénédiction, Jésus m’a fait savoir qu’un évènement solennel se déroulerait bientôt en ce lieu : « Je me plais dans ton cœur, et rien ne m’empêchera de t’accorder des grâces. » La grandeur de Dieu inonde mon âme, je sombre en lui, je m’abîme, je me perds et je me fonds en lui…

Le 30 mai . Aujourd’hui, je me languis de Dieu à en mourir. La nostalgie a envahi toute mon âme. Je me sens si affreusement en exil ! Ô Jésus, quand viendra le moment tant désiré ?

Le 31 mai . Mon âme tourmentée ne trouve d’aide nulle part, si ce n’est en toi, Hostie Vivante ! Je mets toute ma confiance en ton cœur miséricordieux, j’attends patiemment ta parole, Seigneur.

Ah ! quelle est la douleur de mon cœur, lorsque je vois une religieuse qui n’a pas l’esprit religieux ! Comment peut-on plaire à Dieu, quand, gonflée d’orgueil et d’amour-propre, on fait semblant de glorifier Dieu, alors qu’on ne se préoccupe que de sa propre gloire ? Lorsque je vois cela, j’éprouve une grande douleur. Comment une âme pareille pourrait-elle s’unir étroitement à Dieu ? Il ne peut être question d’union avec le Seigneur !

1 VI