Le 23 avril 1937. Aujourd’hui, j’ai commencé une retraite de trois jours Tous les ans, les sœurs de la Congrégation de Notre-Dame de la Miséricorde font une retraite de trois jours, en plus de la retraite de huit jours. . Ce soir, j’ai entendu ces paroles dans mon âme : « Ma fille, sache que c’est à toi que je m’adresserai d’une manière particulière par l’intermédiaire de ce prêtre Dans la maison de la Congrégation à Cracovie, les sœurs font une retraite de huit jours avant les vœux et la prise d'habit. Cette année-là, la retraite a eu lieu du 20 au 29 avril 1937 ; elle a été prêchée par le père Józef Plaza s.j. (1884-1950), supérieur de la résidence jésuite à Cracovie. afin que tu ne doutes plus de ce que j’exige de toi. » Dès la première méditation, les paroles de ce prêtre ont frappé mon âme. Les voici : il m’est défendu de m’opposer à la volonté divine et à ses désirs, quels qu’ils soient. Dès que je suis convaincue de l’authenticité et de la vérité de la volonté divine, je dois l’accomplir, et personne ne peut m’en dispenser. Quelle que soit la volonté de Dieu, à partir du moment où je la connais, je dois l’accomplir. Ce n’est qu’un petit résumé, mais toute la méditation s’est profondément gravée dans mon âme et je n’ai plus aucun doute : je sais ce que Dieu exige de moi et ce que je dois faire.

Dans la vie, il y a des moments de connaissance intérieure, autrement dit de lumière divine, où l’âme est intérieurement instruite de choses qu’elle n’a lues dans un aucun livre et qu’aucun être humain ne lui a enseignées. Ce sont des moments de connaissance intérieure que Dieu lui-même accorde à l’âme. Ce sont là de grands mystères… Je reçois souvent la lumière et la connaissance de la vie intérieure de Dieu et de sa disposition intérieure. Cela me remplit de confiance et d’une joie inexprimables que je ne peux contenir en moi, et je désire alors me perdre tout entière en lui…

  • La quintessence de l’amour, c’est le sacrifice et la souffrance. La vérité porte une couronne d’épines. La prière relève de la raison, de la volonté et du sentiment.

Aujourd’hui, il y a eu un très bel enseignement Il s'agit d'une des conférences du père Józef Plaza s.j. sur la miséricorde et la bonté de Dieu. Pendant cette conférence, mon âme a éprouvé l’ardeur de l’amour de Dieu et j’ai compris que la parole de Dieu est vivante.

Mes résolutions particulières restent les mêmes : union au Christ miséricordieux et silence.

La fleur que je dépose aux pieds de la Mère de Dieu, pour le mois de mai, c’est de m’exercer au silence.

  • Une vertu sans prudence n’est pas une vertu. Nous devons prier souvent le Saint-Esprit de nous donner la grâce de la prudence. La prudence est composée de discernement, d’une réflexion raisonnée et d’une résolution inflexible. C’est toujours à nous qu’appartient la décision finale. C’est nous qui devons décider, et nous pouvons et devons demander conseil et chercher de la lumière…

Aujourd’hui, au cours de la méditation, Dieu m’a donné la lumière intérieure et la compréhension de ce qu’est la sainteté et en quoi elle consiste. J’ai souvent entendu ces choses pendant les conférences, mais l’âme comprend différemment lorsqu’elle en a connaissance par la lumière divine qui l’illumine.

Ce ne sont ni les grâces, ni les apparitions, ni les ravissements, ni aucun des dons que Dieu a accordés à mon âme qui la rendront parfaite, mais son union intérieure à Dieu. Les dons ne sont que des ornements de l’âme : ils n’en constituent ni le contenu, ni la perfection. Ma sainteté et ma perfection consistent dans une union étroite de ma volonté à celle de Dieu. Dieu ne fait jamais violence à notre libre volonté. Il dépend de nous d’accepter ou non la grâce divine, de coopérer à la grâce ou bien de la gaspiller.

Ce soir, pendant le dernier enseignement, qui était aussi une préparation au renouvellement de nos vœux, le père a parlé du bonheur qui résulte des trois vœux et de la récompense que recevront celles qui les observeront fidèlement. Mon âme a brusquement été plongée dans d’épaisses ténèbres intérieures. Au lieu de se réjouir, elle s’est remplie d’amertume, et une douleur aiguë a transpercé mon cœur. Je me suis sentie si misérable et si indigne de cette grâce que, saisie par le sentiment de ma misère et de mon indignité, je n’aurais pas osé m’approcher même de la plus jeune des postulantes pour lui baiser les pieds. Je les voyais en esprit belles et agréables à Dieu, et je me voyais, moi, comme un gouffre de misère. À la fin de la conférence, je me suis jetée, dans la douleur et dans les larmes, aux pieds du Dieu caché. Je me suis jetée dans l’océan de l’infinie miséricorde de Dieu, et c’est là seulement que j’ai trouvé un soulagement et que j’ai senti que sa miséricorde toute-puissante m’enveloppait.