Guérison soudaine. Dimanche 11 avril, après que j’eus écrit une lettre à l’abbé Sopoćko, mon état de santé s’est subitement aggravé et je n’ai pas envoyé cette lettre, parce que je préférais attendre que la volonté de Dieu se manifeste clairement. Cependant, mon état de santé s’est tellement aggravé que j’ai été obligée de m’aliter. Les accès de toux m’épuisaient tant qu’il me semblait que, s’ils devaient se répéter plusieurs fois encore, ce serait certainement la fin.

Le 14 avril, je me sentais si mal que j’ai eu de la peine à me lever pour assister à la sainte messe. Je me sentais plus malade qu’au moment où l’on m’a envoyée à l’hôpital suivre ce traitement. J’avais de forts râles et des ronflements dans les poumons et j’éprouvais des douleurs étranges. Après avoir reçu la sainte Communion, je ne sais pas pourquoi, ou plutôt, c’était comme si quelque chose me poussait à faire cette prière, j’ai commencé à prier ainsi : « Jésus, que ton sang pur et sain circule dans mon organisme malade et que ton corps pur et sain transforme mon corps malade. Si c’est vraiment ta sainte volonté que j’entreprenne cette œuvre, qu’une vie saine et forte palpite en moi. Cela sera pour moi le signe infaillible de ta sainte volonté. »

Pendant que je priais ainsi, j’ai brusquement ressenti une sorte d’ébranlement dans tout l’organisme et je me suis sentie complètement guérie. Ma respiration est normale, comme si je n’avais jamais souffert des poumons, et je n’éprouve aucune douleur. Ceci est pour moi le signe que je dois me mettre à l’œuvre.

Cela s’est passé le dernier jour de la neuvaine que je faisais au Saint-Esprit. Après cette guérison, j’ai été instantanément unie au Seigneur Jésus de façon purement spirituelle. Jésus a renforcé ma conviction, c’est-à-dire qu’il m’a confirmé ses exigences. Je suis restée toute la journée dans cette proximité avec le Seigneur, et je lui ai parlé de détails concernant la fondation de cette nouvelle congrégation.

Jésus a répandu dans mon âme la force et le courage d’agir. Je comprends maintenant que, lorsque le Seigneur exige quelque chose d’une âme, il lui donne la possibilité de l’accomplir, et que, par sa grâce, il la rend capable de l’accomplir. Ainsi, même l’âme la plus misérable peut, si le Seigneur lui en donne l’ordre, entreprendre des choses qui dépassent son entendement. En effet, le signe par lequel on peut reconnaître que le Seigneur est avec cette âme, c’est que la force et la puissance de Dieu se manifestent en elles, la rendant courageuse et pleine d’audace. En ce qui me concerne, je suis toujours d’abord un peu effrayée par la grandeur du Seigneur, mais ensuite mon âme est remplie d’une paix profonde que rien ne peut troubler, et de la force intérieure nécessaire pour accomplir ce que le Seigneur exige à ce moment-là…

Et j’ai entendu ces paroles : « Va dire à la mère supérieure que tu es en bonne santé ! »

Je ne sais pas combien de temps je serai en bonne santé et je ne le demande pas. Je sais seulement que, à présent, je jouis d’une bonne santé. L’avenir ne m’appartient pas. J’ai demandé à être en bonne santé pour avoir un signe et une preuve de la volonté de Dieu, et non pour soulager ma souffrance.

Le 16 avril 1937. Aujourd’hui, lorsque j’ai été pénétrée de la majesté de Dieu, mon âme a su que le Seigneur était épris des âmes humbles, bien que lui-même soit si grand. Plus une âme s’abaisse, plus le Seigneur s’approche d’elle avec bienveillance et, s’unissant étroitement à elle, l’élève jusqu’à son trône. Heureuse l’âme que le Seigneur défend lui-même ! J’ai compris que seul l’amour a de la valeur, que l’amour est une grande chose. Rien, aucune œuvre ne peut se comparer à un acte de pur amour envers Dieu.

  • Ô Jésus, protège-moi par ta miséricorde et aussi, juge-moi avec bienveillance ; sinon, ta justice peut à bon droit me condamner !