Le 17 décembre . J’ai offert cette journée pour les prêtres. Aujourd’hui, j’ai souffert à la fois intérieurement et extérieurement comme jamais auparavant. J’ignorais que l’on pût tant souffrir en un seul jour. Je me suis appliquée à faire l’Heure sainte, pendant laquelle mon esprit a goûté l’amertume du Jardin des Oliviers. Je lutte seule, soutenue par son bras, contre toutes sortes de difficultés qui se dressent devant moi comme un mur infranchissable, mais j’ai confiance en la puissance de son Nom et je n’ai peur de rien.
Dans cet isolement, mon Maître est Jésus lui-même. C’est lui qui m’éduque et m’instruit. Je sens que je suis l’objet de son action particulière. En vertu de ses desseins inconcevables et ses décrets impénétrables, il m’unit à lui de manière spéciale et me permet de pénétrer dans des mystères insondables. Il est un mystère qui m’unit au Seigneur et que personne ne peut connaître, pas même les anges. Et même si je voulais l’exprimer, je ne saurais comment procéder, et pourtant, je vis de cela et je vivrai de cela dans les siècles… Ce mystère me distingue des autres âmes ici-bas et dans l’éternité.
- Ô jour splendide et lumineux où se réaliseront tous mes souhaits ! Ô jour tant désiré qui seras le dernier de ma vie ! Je me réjouis du dernier trait que mon Artiste divin tracera sur mon âme pour lui donner une beauté singulière qui me distinguera de la beauté des autres âmes. Ô grand jour, où s’animera en moi l’amour divin ! Ce jour-là, j’entonnerai pour la première fois devant le ciel et la terre le chant de l’insondable miséricorde du Seigneur. C’est l’œuvre et c’est la mission que le Seigneur m’a destinées depuis la création du monde. Pour que le chant de mon âme soit agréable à la très Sainte Trinité, dirige toi-même mon âme, ô Esprit de Dieu. Je m’arme de patience et j’attends ta venue, Dieu miséricordieux. Quant aux atroces souffrances et à l’angoisse mortelle de l’agonie, j’ai plus que jamais confiance en l’abîme de ta miséricorde, et je te rappelle, Jésus miséricordieux, doux Sauveur, toutes les promesses que tu m’as faites.
Ce matin, j’ai eu une petite mésaventure : ma montre s’est arrêtée et je ne savais pas quand je devrais me lever. Cela me faisait de la peine de manquer la sainte Communion. Comme il faisait noir, je ne savais pas s’il était temps de me lever. Je me suis habillée, j’ai fait ma méditation et je me suis allée dans la chapelle, mais tout était ferme et complètement silencieux. Je me suis plongée dans la prière, et j’ai particulièrement prié pour les malades. Je vois maintenant combien ils ont besoin de prières. Quand on a enfin ouvert la chapelle, j’ai eu du mal à prier, parce que j’étais complètement épuisée. Après la sainte Communion, je suis tout de suite retournée dans ma chambre. Soudain, j’ai vu Jésus et il m’a dit : « Sache, ma fille, que la ferveur de ton cœur m’est agréable. Et de même que tu brûles du désir de t’unir à moi dans la sainte Communion, de même je désire me donner tout entier à toi. En récompense de l’ardeur de ton amour, viens te reposer auprès de mon cœur. » À cet instant, mon esprit s’est perdu dans son Être, comme une goutte d’eau dans un océan infini. Je me suis abîmée en lui comme en mon unique trésor ; et j’ai compris que le Seigneur permet certaines difficultés pour sa plus grande gloire.