[9 décembre 1936] Aujourd’hui, je pars pour une cure à l’hôpital de Prądnik, situé un peu en dehors de Cracovie ; je dois y rester trois mois. J’y suis envoyée grâce à la grande sollicitude de mes supérieures, surtout celle de notre chère mère générale, qui prend tellement soin des sœurs malades.

J’ai accepté la grâce de cette cure, mais je m’en remets entièrement à la volonté divine. Que Dieu fasse de moi ce qui lui plaira ! Je ne désire rien d’autre qu’accomplir sa sainte volonté. Je m’unis à la Mère de Dieu, et je quitte Nazareth pour me rendre à Bethléem. C’est là que je passerai les Fêtes de Noël, parmi des étrangers, mais avec Jésus, Marie et Joseph, parce que telle est la volonté de Dieu. Je tâche de faire en tout la volonté de Dieu : je ne désire pas plus guérir que mourir, je m’en remets complètement à son infinie miséricorde, et je vis comme un enfant, dans la plus grande paix. Je m’efforce seulement de rendre mon amour pour lui de plus en plus pur et de plus en plus profond, afin d’être un délice pour son regard divin…

Le Seigneur m’a dit de réciter ce chapelet durant neuf jours, avant la fête de la Miséricorde. La neuvaine doit commencer le Vendredi Saint. Il a ajouté : « Pendant cette neuvaine, j’accorderai de nombreuses grâces aux âmes. »

Lorsque j’ai été un peu effrayée à la pensée de rester si longtemps seule, hors de la Congrégation, Jésus m’a dit : « Tu ne seras pas seule, car je suis avec toi toujours et partout. Tu es près de mon cœur, n’aie peur de rien. C’est moi qui ai provoqué ton départ. Sache que mon regard suit avec beaucoup d’attention chaque mouvement de ton cœur. Je te transfère dans un lieu isolé afin de façonner moi-même ton cœur pour mes futurs desseins. Que crains-tu ? Qui oserait te toucher quand tu es avec moi ? Cependant, je me réjouis beaucoup que tu me parles de tes craintes. Ma fille, parle-moi de tout, simplement et ouvertement, tu me causeras ainsi une très grande joie. Je te comprends, car je suis Dieu-Homme. Le simple langage de ton cœur m’est plus agréable que les hymnes composées en mon honneur. Sache, ma fille, que plus tes paroles sont simples, plus tu m’attires vers toi ; mais maintenant, sois en paix près de mon cœur, pose ton stylo et prépare-toi pour le départ. »