Le 30 novembre . Aujourd’hui, pendant les vêpres, la douleur a étreint mon âme. Je vois que cette œuvre est à tous points de vue au-dessus de mes forces. Je suis comme un petit enfant devant l’immensité de cette tâche, et ce n’est qu’en raison de l’ordre formel de Dieu que je procède à sa réalisation. Par ailleurs, même ces grandes grâces sont devenues pour moi un fardeau que j’ai peine à porter. Je vois l’incrédulité et les doutes de mes supérieures et la méfiance qu’elles me témoignent. Mon Jésus, je vois que même de très grandes grâces peuvent être une souffrance ; car il en est bien ainsi. Non seulement elles peuvent être une cause de souffrance, mais encore elles doivent l’être comme signe de l’action divine. Je comprends que, si l’âme n’était pas fortifiée par Dieu lui-même, elle ne viendrait pas à bout de ces différentes épreuves. Ainsi, son bouclier est Dieu lui-même. Tandis que je continuais à méditer pendant les vêpres sur ce mélange de souffrance et de grâce, j’ai entendu la voix de la Très Sainte Mère de Dieu : « Sache, ma fille, que si j’ai été élevée à la dignité de Mère de Dieu, mon cœur n’en a pas moins été transpercé de sept glaives de douleur. Ne fais rien pour te défendre et supporte tout avec humilité. Dieu lui-même te défendra. »