Le 27 novembre . Aujourd’hui, j’ai été en esprit au ciel et j’ai contemplé ses beautés inimaginables et la félicité qui nous attend après la mort. J’ai vu comment toutes les créatures rendent éternellement gloire et honneur à Dieu. J’ai vu combien le bonheur en Dieu est grand ; cette félicité se déverse sur toutes les créatures, les rend heureuses, et toute la gloire et l’honneur qui proviennent du bonheur reçu retournent à la Source. Toutes les créatures entrent dans les profondeurs divines et contemplent la vie intime de Dieu – le Père, le Fils et le Saint-Esprit –, qu’elles ne pourront jamais ni comprendre ni approfondir. Cette source de béatitude est immuable dans son essence et cependant toujours nouvelle, faisant jaillir le bonheur pour chacune des créatures. Je comprends maintenant pourquoi saint Paul a dit : « Ce que l’œil n’a pas vu, ce que l’oreille n’a pas entendu, et que le cœur de l’homme n’a jamais conçu, ce qui n’est pas monté au cœur de l’homme, tout ce que Dieu a préparé pour ceux qui l’aiment. »

Dieu m’a aussi donné à comprendre quelle est la seule chose qui a une valeur infinie à ses yeux : c’est notre amour pour lui. L’amour, l’amour et encore une fois l’amour ! Rien ne peut être comparé à un seul acte de pur amour envers Dieu. Ah ! quels inconcevables égards Dieu a pour l’âme qui l’aime sincèrement ! Heureuses les âmes qui jouissent des égards particuliers de Dieu dès ici-bas ! Ce sont les âmes petites et humbles.

J’ai mieux compris la grande majesté divine qu’adorent les Esprits célestes selon leur degré de grâce et leur hiérarchie. La vue de la puissance et de la grandeur de Dieu n’a provoqué en moi ni effroi, ni angoisse. Non, absolument pas. Au contraire, mon âme a été comblée de paix et d’amour, et plus je connais Dieu, plus je me réjouis qu’il soit ainsi. Je me réjouis infiniment qu’il soit si grand, et je me réjouis d’être si petite : c’est parce que je suis petite qu’il me porte dans ses bras et me tient près de son cœur.

Ô mon Dieu, comme j’ai pitié des personnes qui ne croient pas à la vie éternelle ! Je prie pour elles avec ferveur, afin qu’un rayon de miséricorde les enveloppe et que Dieu les presse sur son cœur paternel ! Ô Amour, ô Roi !

L’amour ne connaît pas la crainte , il traverse tous les chœurs angéliques qui montent la garde devant le trône de Dieu. Il ne craint personne ; il parvient jusqu’à Dieu et se plonge en lui comme en son unique trésor. Le Chérubin, avec son glaive flamboyant, qui garde le paradis, n’a pas de pouvoir sur l’amour. Ô pur amour de Dieu, comme tu es grand et incomparable ! Ah ! si les âmes connaissaient ta puissance !