Le 13 août 1936. Ce soir, la présence de Dieu me pénètre. En un instant, je découvre la grande sainteté de Dieu. Ah ! comme la grandeur de Dieu m’accable ! J’ai conscience de tout l’abîme de mon néant. C’est un grand tourment, parce qu’après la connaissance vient l’amour. L’âme s’élance impétueusement vers Dieu, et les deux amours se font face : celui du Créateur et celui de la créature. Une petite goutte d’eau veut se mesurer à l’océan. Tout d’abord, la goutte d’eau voudrait enfermer en elle cet océan inconcevable, mais, au même moment, elle voit qu’elle n’est qu’une goutte d’eau. Elle est alors vaincue et passe entièrement en Dieu – comme une goutte d’eau passe dans l’océan… Ce moment est d’abord un supplice, mais tellement doux que l’âme est heureuse en l’éprouvant.

Actuellement, je fais un examen de conscience détaillé : m’unir au Christ miséricordieux. Cet exercice me donne une force étrange, mon cœur est toujours uni à celui qu’il désire et mes actes sont déterminés par la miséricorde qui découle de l’amour.

Je passe chaque moment libre aux pieds du Dieu caché. Il est mon Maître, je lui demande tout, je lui parle de tout ; c’est là que je puise force et lumière, là que j’apprends tout, là que me viennent les lumières sur la façon de me comporter envers mon prochain. Depuis que j’ai quitté le noviciat, je me suis enfermée dans le tabernacle avec Jésus, mon Maître. C’est lui-même qui m’a attirée dans ce feu d’amour vivant autour duquel tout se concentre.