Le 4 août 1936. Le supplice intérieur dure plus de deux heures. L’agonie… Tout à coup la présence de Dieu me pénètre. Je sens que je passe sous le pouvoir du Dieu juste ; cette justice me transperce jusqu’à la moelle des os ; à l’extérieur, mes forces m’abandonnent et je perds connaissance. Je découvre l’immense sainteté de Dieu et mon immense misère. Une effroyable angoisse naît dans mon âme: elle voit toutes ses actions qui ne sont pas sans tache. Soudain, la force de la confiance s’éveille dans mon âme… et mon âme s’élance de toutes ses forces vers Dieu, mais elle voit sa misère et la vanité de tout ce qui l’entoure. Et la voici face à cette sainteté. Ah ! pauvre âme…

Le 13 août. Toute la journée, j’ai été tourmentée par d’affreuses tentations. Des blasphèmes se pressaient sur mes lèvres, j’éprouvais de l’aversion pour tout ce qui est saint et divin. J’ai néanmoins lutté durant toute la journée, mais, le soir, ma raison a commencé à être accablée : « À quoi bon parler de cela à mon confesseur ? Il va en rire. » Une sorte d’aversion et de découragement se sont emparés de mon âme et il m’a semblé que je ne pouvais absolument pas aller communier dans cet état. À l’idée que je ne pourrais pas aller communier, une douleur si atroce a étreint mon âme que j’ai failli crier dans la chapelle. Mais j’ai vu qu’il y avait des sœurs et j’ai décidé d’aller dans le jardin et de m’y cacher pour pouvoir au moins laisser éclater mes pleurs.

Tout à coup, Jésus est apparu près de moi et m’a dit : « Où as-tu l’intention d’aller ? » Je n’ai pas répondu à Jésus, mais j’ai épanché devant lui toute ma douleur, et toutes les tentations de Satan ont cessé. Jésus m’a dit : « La paix intérieure que tu as est une grâce. » et il a disparu. Je me suis sentie heureuse et étrangement sereine. Vraiment, seul Jésus peut faire en sorte qu’une paix si profonde revienne dans l’âme, lui, le Seigneur Très-Haut.