Le 19 juin. Lorsque nous sommes allées chez les jésuites prendre part à la procession du Sacré-Cœur, j’ai vu pendant les vêpres jaillir de la Très Sainte Hostie les mêmes rayons que ceux qui sont peints sur le tableau. Une grande nostalgie de Dieu s’est emparée de mon âme.
Juin 1936. Entretien avec le père Andrasz.
« Sachez que toutes ces choses sont difficiles et ardues ; votre principal directeur est le Saint-Esprit. Nous pouvons, certes, orienter ces inspirations, mais votre véritable directeur est le Saint-Esprit. Si vous avez décidé vous-même de partir, je ne vous l’interdis pas et je vous ne l’ordonne pas non plus ; vous en prenez vous-même la responsabilité. Je vous dis que vous pouvez passer à l’action. Vous en êtes capable, donc vous le pouvez. Tout ce que vous m’avez dit maintenant et autrefois « Autrefois » : c'est-à-dire avant les vœux perpétuels de sœur Faustine à Cracovie en 1933 (cf. PJ 52). ce sont des choses tout à fait probables. Tout porte à le croire. Néanmoins, vous devez être très prudente, beaucoup prier et demander à Dieu de m’éclairer. »
Pendant la sainte messe que célébrait le père Andrasz, j’ai vu le petit Enfant Jésus. Il m’a dit que je devais dépendre de lui en tout. « Aucune action venant de ta propre volonté ne me plaît, même si tu y as mis beaucoup d’efforts. » J’ai compris cette dépendance.
Ô mon Jésus, le jour du Jugement Dernier, tu me demanderas de rendre compte de cette œuvre de la miséricorde. Ô Juge équitable, mais aussi mon Époux, aide-moi à faire ta sainte volonté. Ô miséricorde, vertu Divine !
Ô cœur très miséricordieux de Jésus, mon Époux, rends mon cœur semblable au tien !
Le 16 juillet. Aujourd’hui, j’ai passé toute la nuit en prière ; j’ai médité la Passion du Seigneur et mon âme a été écrasée par la justice divine. La main du Seigneur est sur moi.
Le 17 juillet. Ô mon Jésus, tu sais quelles grandes difficultés et quels obstacles je rencontre dans cette affaire, combien de reproches je dois essuyer, combien de sourires ironiques je dois affronter avec sérénité. Seule, je ne le supporterais pas, mais avec toi, mon Maître, je peux tout. Ah ! comme un sourire ironique est blessant et douloureux lorsque l’on parle avec la plus grande sincérité !
Le 22 juillet. Ô mon Jésus, je sais que c’est l’acte et non la parole ni le sentiment qui fait la grandeur de l’homme. Les œuvres qui viennent de nous parleront de nous. Mon Jésus, ne me laisse pas rêver, mais donne-moi le courage et la force de faire ta sainte volonté.
Jésus, si tu veux me laisser dans l’incertitude, même si c’est jusqu’à la fin de ma vie, que ton nom soit béni !
Juin + Ô mon Jésus, comme je suis heureuse que tu m’aies donné l’assurance que cette congrégation existerait. Je n’ai plus l’ombre d’un doute ; je vois quelle grande gloire elle rendra à Dieu : elle sera le reflet du plus grand attribut de Dieu, c’est-à-dire sa miséricorde. Les sœurs de cette congrégation imploреront continuellement la miséricorde divine pour elles et pour le monde entier et tous leurs actes de miséricorde procéderont de l’amour de Dieu dont elles seront remplies. Chacune tâchera de faire sien ce grand attribut de Dieu, d’en vivre et de le faire connaître aux autres pour qu’ils aient confiance en la bonté de Dieu. Cette Congrégation de la Miséricorde Divine sera dans l’Église de Dieu comme une ruche dans une magnifique jardin, cachée, discrète ; les sœurs travailleront comme des abeilles pour nourrir de miel les âmes de leur prochain, tandis que la cire sera destinée à honorer Dieu.