Le 25 mars. Ce matin, pendant la méditation, j’ai été envahie d’une manière particulière par la présence de Dieu, en voyant son infinie grandeur et en même temps son abaissement jusqu’à ses créatures. Soudain, j’ai vu la Mère de Dieu. Elle m’a dit : « Ah ! qu’elle est agréable à Dieu, l’âme qui suit fidèlement l’inspiration de sa grâce ! Moi, j’ai donné au monde le Sauveur, et toi, tu dois parler au monde de son immense miséricorde et préparer le monde à sa seconde venue. Il viendra non comme Sauveur miséricordieux, mais comme Juge équitable. Oh ! Ce jour sera terrible ! Le jour de la justice, le jour de la colère divine a été décidé ; il fait trembler les anges. Parle aux âmes de cette immense miséricorde tant que dure le temps de la pitié. Si tu te tais maintenant, tu devras, en ce jour terrible, répondre d’un grand nombre d’âmes. Ne crains rien, sois fidèle jusqu’à la fin, j’ai compassion de toi. »
À mon arrivée à Walendów, une sœur Il s'agit probablement de sœur Regina qui connaissait sœur Faustine depuis son noviciat (cf. Notes finales). m’a dit en me souhaitant la bienvenue: « Comme c’est bien que vous soyez venue chez nous ! Maintenant, tout ira bien. » Je lui ai demandé : « Pourquoi me dites-vous cela ? » Elle m’a répondu que c’était ce qu’elle sentait dans son âme. Cette petite âme pleine de simplicité est très agréable au cœur de Jésus. La maison se trouvait effectivement dans une situation extrêmement difficile La maison de Walendów se trouvait à cette période dans une situation matérielle très difficile. … Je ne vais pas évoquer tout cela ici.
Confession. Pendant que je me préparais à la sainte confession, j’ai dit à Jésus caché dans le Très Saint Sacrement : « Jésus, parle-moi, je t’en prie, par la bouche de ce prêtre Le confesseur des sœurs à Walendów était alors l'abbé Czesław Maliszewski (1880-1957), curé de la paroisse de Nadarzyn. On ne sait pas si sœur Faustine se confessait à lui. et ce sera un signe pour moi, parce que lui ne sait pas que tu exiges que je fonde cette œuvre de miséricorde. Qu’il me dise quelque chose au sujet de la miséricorde. » Lorsque je me suis approchée du confessionnal et que j’ai commencé à me confesser, le prêtre m’a interrompue et s’est mis à me parler de la grande miséricorde de Dieu avec une insistance telle que jamais je n’en avais entendu de pareille, et il m’a demandé : « Savez-vous que la miséricorde du Seigneur est au-dessus de toutes ses œuvres, qu’elle en est le couronnement ? » J’ai écouté avec la plus grande attention les paroles que le Seigneur m’adressait par la bouche de ce prêtre. Bien que je croie qu’au confessionnal, c’est toujours Dieu qui parle par la bouche du prêtre, j’en ai fait cette fois l’expérience d’une manière tout à fait particulière. Je ne lui ai pas du tout dévoilé la vie divine qui est dans mon âme, je me suis seulement accusée de mes manquements. Ce prêtre m’a pourtant dit beaucoup de choses sur ce qui est dans mon âme et m’a enjoint d’être fidèle aux inspirations divines. Il m’a dit : « Vous cheminez dans la vie avec la Mère de Dieu, qui a répondu fidèlement à chaque inspiration de Dieu. » Ô mon Jésus, qui comprendra ta bonté ?
Jésus, chasse loin de moi les pensées qui ne sont pas conformes à ta volonté. Je reconnais que rien ne me rattache plus à cette terre, sauf cette œuvre de miséricorde.
Jeudi. Pendant l’adoration du soir, j’ai vu Jésus flagellé et martyrisé. Il m’a dit : « Ma fille, je désire que tu dépendes de ton confesseur dans les plus petites choses. Tes plus grands sacrifices ne me plairont pas si tu les accomplis sans l’autorisation de ton confesseur, alors qu’au contraire le moindre sacrifice a une très grande importance à mes yeux, s’il est accompli avec la permission de ton confesseur. Les plus grandes œuvres ne valent rien à mes yeux, si elles sont le fruit de ta propre volonté. Souvent elles ne sont pas en accord avec ma volonté et méritent plutôt une punition qu’une récompense ; en revanche, le plus petit acte que tu accomplis avec la permission de ton confesseur est agréable à mes yeux et m’est extrêmement cher. Sois-en convaincue une fois pour toutes, et veille sans relâche, car l’enfer tout entier est mobilisé contre toi parce qu’à cause de cette œuvre, beaucoup d’âmes se détourneront des portes de l’enfer et adoreront ma miséricorde. Mais ne crains rien, car je suis avec toi ; sache que tu ne peux rien par toi-même. »
Le premier vendredi du mois, avant la Communion, j’ai vu un ciboire rempli de saintes Hosties ; une main avait posé ce ciboire devant moi et je l’ai pris dans la main. Il renfermait mille Hosties vivantes. J’ai alors entendu une voix: « Ces Hosties sont reçues par les âmes pour lesquelles tu as imploré la grâce d’une conversion sincère pendant ce Carême. » C’était une semaine avant le Vendredi Saint. J’ai passé ce jour dans un profond recueillement intérieur en m’anéantissant au profit des âmes.
Ah ! quelle joie de s’anéantir au profit des âmes immortelles ! Je sais que, pour qu’un grain de froment puisse devenir nourriture, il doit d’abord être brisé et broyé sous des pierres; de la même manière, je dois, moi aussi, être brisée, afin d’être utile à l’Église et aux âmes, même si, à l’extérieur, personne ne remarque mon sacrifice. Ô Jésus, je veux être cachée à l’extérieur, comme ce pain azyme dans lequel l’œil ne distingue rien : je suis une hostie qui t’est consacrée.