Le 28 février 1937. Aujourd’hui, pendant un long moment, j’ai ressenti la Passion du Seigneur Jésus, et j’ai vu combien d’âmes ont besoin de prière. Je sens que je me transforme tout entière en prière, afin d’obtenir pour toutes les âmes la miséricorde de Dieu. O mon Jésus, je te reçois dans mon cœur comme gage de miséricorde pour les âmes !
Ce soir, lorsque j’ai entendu à la radio le chant : « Bonne nuit, Chef sacré de mon Jésus », mon esprit a été soudain emporté dans le sein mystérieux de Dieu, et j’ai compris en quoi consiste la grandeur de l’âme et ce qui est important pour Dieu : l’amour, l’amour et encore l’amour. J’ai vu à quel point tout ce qui existe est imprégné de Dieu, et j’ai été submergée d’un si grand amour de Dieu que je ne puis le décrire. Heureuse l’âme qui sait aimer sans réserve, car c’est ce qui fait sa grandeur.
Aujourd’hui, j’ai fait une retraite d’un jour. Au cours de son dernier enseignement Sœur Faustine faisait ses retraites d'une journée, c'est-à-dire une journée de recueillement mensuelle, en écoutant les conférences que le p. Bonawentura Kadeja donnait au personnel du sanatorium. , le prêtre a dit combien le monde a besoin de la miséricorde de Dieu, et qu’il semble que nous vivions un temps exceptionnel où l’humanité a particulièrement besoin de la miséricorde divine et de prières. J’ai alors entendu une voix dans mon âme : « Voilà des paroles pour toi : fais tout ce qui est en ton pouvoir pour l’œuvre de ma miséricorde. Je désire que l’on vénère ma miséricorde. Je donne à l’humanité sa dernière planche de salut, c’est-à-dire le recours à ma miséricorde. Mon cœur se réjouit de cette fête. » Après ces paroles, j’ai compris que rien ne peut me dispenser de ce que le Seigneur exige de moi.
Cette nuit, j’ai tellement souffert que j’ai cru que c’était la fin. Les médecins ne parvenaient pas à trouver en quoi consiste ma maladie. J’avais l’impression que mes entrailles se déchiraient, mais, au bout de quelques heures de souffrances, je suis de nouveau en bonne santé. J’offre tout cela pour les pécheurs. Que ta miséricorde descende sur eux, ô Seigneur !
O mon très doux Jésus, Au milieu de l’effroyable désert de la vie, Préserve les âmes du naufrage, Car tu es la source de la miséricorde.
O doux Chef de nos âmes, Que la clarté de tes rayons Transforme le monde par ta miséricorde. Et toi, quand tu auras reçu cette grâce, mets-toi au service de Jésus.
Je dois parcourir un long chemin rocailleux, Mais je suis sans crainte : La source pure de la miséricorde jaillit pour moi
Et répand sa force sur les humbles.
Je suis meurtrie et exténuée, Mais ma conscience me rend témoignage De ce que je fais tout pour la plus grande gloire du Seigneur. Le Seigneur est mon repos et mon héritage.
[Fin du deuxième cahier du Petit Journal.]