Le 24 février 1937. Aujourd’hui, pendant la sainte messe, j’ai vu Jésus agonisant. Les souffrances du Seigneur transpercent mon âme et mon corps d’une manière invisible, mais extrêmement douloureuse. La douleur dure très peu de temps.
Quand on chante les Lamentations de la Passion du Seigneur Durant tout le Carême, pendant les célébrations de la Passion, on chantait les Lamentations (cf. note 289) dans la chapelle du sanatorium. , je suis si vivement bouleversée par son supplice que je ne peux retenir mes larmes. J’aurais voulu me cacher quelque part afin de donner libre cours à la douleur que me cause la méditation de sa Passion.
Pendant que je priais à l’intention du père Andrasz, j’ai compris qu’il est très cher à Dieu. Depuis, j’ai encore plus de respect pour lui, comme pour un saint. Que cela me réjouit ! J’ai rendu grâce à Dieu pour cela avec ferveur.
Aujourd’hui, pendant la bénédiction, j’ai vu Jésus, et il m’a dit ces paroles : « Sois obéissante en tout à ton directeur ; sa parole est ma volonté. Sois fermement convaincue au fond de ton âme que c’est moi qui parle par sa bouche. Je désire que tu lui dévoiles l’état de ton âme avec la même simplicité et la même sincérité que tu le fais devant moi. Je te le répète encore une fois, ma fille : sache que sa parole est ma volonté pour toi. »
Aujourd’hui, j’ai vu le Seigneur ; il rayonnait d’une grande beauté et il m’a dit : « Ma chère hostie, prie pour les prêtres, particulièrement en ce temps de moisson Le mot « moisson », en langage sacerdotal, signifie le temps du Carême, qui est pour les fidèles une période destinée aux retraites et à la confession. . Mon cœur s’est complu en toi, et, pour toi, je bénis la terre. » J’ai compris que les souffrances intérieures que j’éprouve depuis deux ans en me soumettant à la volonté de Dieu et pour mieux la connaître, m’ont fait davantage progresser dans la perfection que les dix années précédentes. Depuis deux ans, je suis sur la croix entre le ciel et la terre : d’un côté, je suis liée par le vœu d’obéissance et je dois obéir à la supérieure comme à Dieu lui-même, et, d’un autre côté, Dieu me fait connaître sa volonté de façon directe. Voilà pourquoi mon tourment intérieur est si grand ; personne ne peut imaginer ni comprendre mes souffrances spirituelles. Il me semble plus facile de donner ma vie que de subir parfois une heure de ce supplice. Je ne vais pas m’attarder sur ce sujet parce que cela est impossible à décrire : connaître la volonté divine de façon directe et, en même temps, obéir parfaitement à la volonté de Dieu transmise de façon indirecte par mes supérieures. Je rends grâce au Seigneur de m’avoir donné un directeur spirituel, parce que, sinon, je n’aurais pas avancé d’un pas.
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Ces jours-ci, j’ai reçu de ma sœur âgée de dix-sept ans une lettre qui m’est très agréable. Elle me supplie, elle me conjure de l’aider à entrer au couvent Sœur Faustine a écrit sur ce sujet dans la lettre qu'elle a adressée le 10 juin 1938 à ses sœurs Natalia et Wanda. . Elle est prête à faire tous les sacrifices pour Dieu. Je vois, d’après ce qu’elle écrit, que c’est Dieu lui-même qui la conduit, et je me réjouis de la grande miséricorde divine.
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Aujourd’hui, la majesté de Dieu s’est emparée de mon âme et l’a pénétrée de part en part. La grandeur de Dieu m’envahit et me submerge, si bien que je sombre toute entière en elle ; je me perds et je me fonds toute en lui, qui est ma vie et la vie parfaite.
Mon Jésus, je comprends bien que ma perfection ne consiste pas en ce que tu m’ordonnes de réaliser ces grandes œuvres, oh non, ce n’est pas en cela que consiste la grandeur de l’âme, mais dans son grand amour pour toi. O Jésus, je comprends au fond de mon âme que les plus grandes œuvres ne peuvent pas être comparées à un seul acte de pur amour envers toi. Je désire t’être fidèle et réaliser tes souhaits, et je mets en œuvre mon intelligence et mes forces pour mener à bien tout ce que tu me demandes, Seigneur. Mais je n’y suis pas du tout attachée. J’accomplis tout cela parce que telle est ta volonté. Tout mon amour s’est abîmé non pas dans tes œuvres, mais en toi-même, ô mon Créateur et mon Seigneur !