Le 10 février .

Aujourd’hui, c’est le Mercredi des Cendres.

Pendant la sainte messe, j’ai ressenti dans mes membres la Passion de Jésus : cela a duré un bref instant. Le Carême est une période où les prêtres ont un travail bien particulier ; il faut leur venir en aide pour sauver les âmes.

Il y a quelques jours j’ai écrit une lettre à mon directeur spirituel Le directeur spirituel de sœur Faustine était alors le père Józef Andrasz s.j. Il est donc probable que c'est à lui qu'elle a écrit pour lui demander l'autorisation d'entreprendre quelques petites mortifications pénitentielles. pour lui demander la permission de faire quelques petits actes de pénitence en ce temps de Carême. Comme le médecin ne m’a pas autorisée à aller en ville, j’ai dû régler cela par courrier, mais c’est aujourd’hui le Mercredi des Cendres et je n’ai toujours pas de réponse. Ce matin, après la sainte Communion, j’ai commencé à prier le Seigneur Jésus de l’inspirer de sa lumière pour qu’il me réponde. Et j’ai senti dans mon âme que le père n’était pas hostile à ce que je fasse les pratiques que je lui avais décrites et qu’il m’en donnait la permission. J’ai donc tranquillement commencé à m’exercer dans ces pratiques et, l’après-midi même, j’ai reçu une lettre du père qui m’accordait volontiers l’autorisation que je lui avais demandée . Je me suis beaucoup réjouie de ce que ma connaissance intérieure soit conforme à l’avis de mon père spirituel.

J’ai alors entendu ces paroles dans mon âme : « Tu obtiendras une plus grande récompense pour ton obéissance et ta dépendance envers ton confesseur que pour la pratique dans laquelle tu veux t’exercer. Sache-le, ma fille, et agis en conséquence : la moindre chose, si elle est marquée du sceau de l’obéissance envers celui qui tient ma place, est agréable et grande à mes yeux. »

Petites pratiques pénitentielles pour le Carême. Je ne peux plus m’exercer dans de grandes mortifications comme auparavant, malgré mon ardent désir, car je suis sous le contrôle strict du médecin. Toutefois, je peux pratiquer de petites choses, comme dormir sans oreiller, avoir un peu faim, réciter tous les jours, les bras en croix, le chapelet que le Seigneur m’a enseigné, parfois prier, les bras en croix, durant un temps indéterminé sans formuler ma prière. Cela, dans l’intention d’obtenir la miséricorde divine pour les pauvres pécheurs et, pour les prêtres, le pouvoir d’amener les cœurs des pécheurs à se repentir.

Mon lien avec les âmes agonisantes est aussi étroit qu’auparavant. J’accompagne souvent de loin des âmes agonisantes, mais ma plus grande joie est de voir que la promesse de la miséricorde s’accomplit dans ces âmes. Le Seigneur est fidèle : ce qu’il a dit une fois, il s’y tient.

  • Une personne qui était dans notre service était mourante et souffrait terriblement ; elle était à l’agonie depuis trois jours, et, par moments, elle reprenait connaissance. Tout le monde dans la salle priait pour elle. Je voulais aller la voir, moi aussi, mais, comme la mère supérieure m’a défendu de veiller les agonisants, j’ai prié pour cette âme dans ma chambre. Toutefois, lorsque j’ai entendu dire qu’elle souffrait encore et qu’on ne savait pas quand ses souffrances seraient finies, quelque chose dans mon âme m’a soudain poussée à dire au Seigneur : « Jésus, si tout ce que je fais t’est agréable , je te prie de me le prouver en faisant en sorte que cette âme cesse de souffrir et entre immédiatement dans la béatitude éternelle. » Quelques minutes plus tard, j’ai appris que cette âme s’était endormie si paisiblement et si rapidement que l’on n’avait même pas eu le temps d’allumer le cierge.

  • Je dirai encore un mot au sujet de mon directeur spirituel. C’est une chose assez étrange que si peu de prêtres soient capables d’insuffler dans l’âme la vigueur, le courage et la force de continuer d’aller de l’avant sans éprouver de fatigue. Sous la direction d’un tel prêtre, l’âme, même si à peu de forces, peut faire beaucoup pour la gloire de Dieu. Et j’ai découvert un secret: le confesseur, ou plutôt le directeur, ne doit pas prendre à la légère les petites choses que l’âme lui raconte. En effet, lorsque l’âme s’aperçoit qu’elle est contrôlée dans ces petites choses, elle commence à s’exercer, elle ne manque pas la moindre occasion de pratiquer la vertu et évite aussi de faire la moindre faute. Et ces toutes petites pierres finissent par élever le somptueux sanctuaire de l’âme. Au contraire, si l’âme s’aperçoit que son confesseur prend ces petites choses à la légère, elle commencera elle aussi à les prendre à la légère, elle cessera de lui en rendre compte et, pis encore, elle commencera à s’en aller dans les petites choses. C’est ainsi qu’au lieu d’avancer, on recule peu à peu. Et l’âme ne s’en rendra compte que lorsqu’elle commettra des fautes plus graves. Une question importante se pose ici : À qui en imputer la faute ? À l’âme ou au confesseur, c’est-à-dire au directeur ? Ici, je pense que c’est plutôt à un directeur. Il me semble qu’il faut imputer toute la faute au directeur malavisé. L’âme n’est coupable que d’avoir décidé elle-même du choix de ce directeur. Un autre directeur aurait pu amener l’âme à la sainteté en la conduisant par les chemins de la volonté divine.

L’âme devrait prier avec ferveur et persévérance pour avoir un directeur, et elle devrait aussi demander à Dieu de daigner lui en choisir un lui-même. Ce qui commence avec Dieu, en revanche, ce qui commence d’une façon purement humaine restera humain. Dieu est si miséricordieux que, pour aider l’âme, il lui désigne luimême un chef spirituel et donne à l’âme sa lumière pour qu’elle sache que c’est à lui qu’elle doit dévoiler ses réalités profondes les plus secrètes, comme elle le ferait à Jésus lui-même. Lorsque l’âme aura réfléchi et reconnu que tout cela a été conduit par Dieu, qu’elle le prie ardemment d’accorder beaucoup de lumière à son directeur, afin qu’il la connaisse. Qu’elle ne change pas de directeur, à moins que quelque chose de grave ne survienne. De même qu’elle a prié longtemps et ardemment pour connaître la volonté divine avant de choisir un directeur, de même, si elle veut en changer, elle doit prier avec ferveur et persévérance pour savoir si la volonté divine est vraiment qu’elle le quitte et en choisisse un autre. Si la volonté de Dieu ne se manifeste pas clairement, qu’elle n’en change pas, car un ami de Dieu ne n’ira pas loin seul et Satan ne veut que cela : qu’une âme qui aspire à la sainteté se dirige elle-même, parce qu’il est hors de question qu’elle y parvienne.

L’âme que Dieu dirige lui-même est une exception, mais le directeur s’en apercevra tout de suite . Dieu le lui fera savoir clairement et distinctement, et cette âme devra être sous un contrôle encore plus strict que les autres. Ici, plutôt que de diriger l’âme et de lui indiquer le chemin à prendre, le rôle du directeur est de s’assurer et de confirmer que l’âme suit le bon chemin et qu’un bon esprit la dirige. Dans ce cas, le directeur devrait être non seulement saint, mais aussi expérimenté et prudent, et l’âme devra préférer son avis à celui de Dieu lui-même, parce qu’elle sera alors à l’abri des illusions et des fausses routes. L’âme ne se soumettrait pas ces inspirations au strict contrôle de l’Église, c’est-à-dire de son directeur, montrerait par cela même que c’est l’esprit mauvais qui la dirige. Le directeur doit être très prudent à cet égard et il doit éprouver l’âme dans l’obéissance. En effet, Satan peut se couvrir du manteau de l’humilité, mais il est incapable d’endosser le manteau de l’obéissance. Et c’est alors que toute son action est percée à jour. Toutefois, le directeur ne devrait pas avoir trop d’appréhension en présence de cette âme, car si Dieu lui confie une âme si exceptionnelle, il lui donnera aussi une grande lumière. Comment pourrait-il, sinon, juger des grands mystères qui ont lieu entre l’âme et Dieu ?

J’ai, moi-même beaucoup souffert et j’ai été très éprouvée en cette matière. C’est pourquoi je n’écris que ce que j’ai expérimenté personnellement. J’ai dit beaucoup de neuvaines et de prières et fait beaucoup de pénitences, avant que Dieu ne m’envoie un prêtre qui comprenne mon âme. Il y aurait beaucoup plus d’âmes saintes, s’il y avait plus de directeurs saints et expérimentés. Plus d’une âme qui aspire sincèrement à la sainteté est incapable, quand viennent les moments d’épreuves, d’en venir à bout seule, et quitte alors la voie de la perfection. Ô Jésus, donne-nous des prêtres zélés et saints !

Ah ! la dignité du prêtre est grande, mais sa responsabilité est grande aussi ! Prêtre, on t’a beaucoup donné, mais il te sera aussi beaucoup demandé…