Le 9 février .

Fin du carnaval. Durant les deux dernières jours du carnaval, j’ai vu une masse énorme de châtiments et de péchés. Le Seigneur m’a fait connaître en un instant tous les péchés qui ont été commis dans le monde entier en ce jour. Je me suis évanouie de frayeur et, bien que je connaisse toute la profondeur de la miséricorde divine, je me suis étonnée que Dieu permette à l’humanité d’exister. Le Seigneur m’a fait savoir qui maintient l’existence de l’humanité : ce sont les âmes choisies. Lorsque le nombre des élus sera atteint, le monde cessera d’exister.

Durant ces deux jours, j’ai communié en esprit de réparation et j’ai dit au Seigneur : Jésus, aujourd’hui j’offre tout pour les pécheurs. Que les coups de ta justice s’abattent sur moi, mais que l’océan de ta miséricorde embrasse les pauvres pécheurs. Le Seigneur a exaucé ma prière et beaucoup d’âmes sont revenues à lui, tandis que moi, j’agonisais sous le joug de la justice divine ; je sentais que j’étais l’objet de la colère du Dieu Très Haut. Le soir, ma souffrance m’a conduite à un tel sentiment d’abandon intérieur que je gémissais involontairement. J’ai fermé à clé la porte de ma chambre et j’ai commencé l’adoration, c’est-à-dire l’Heure sainte. L’abandon intérieur et l’épreuve de la justice divine étaient ma prière, et la douleur et les gémissements qui s’exhalaient de mon âme avaient pris la place d’une douce conversation avec le Seigneur.

Soudain, j’ai vu le Seigneur : Il m’a étreinte sur son cœur et m’a dit : « Ma fille, ne pleure pas, parce que je ne puis supporter tes larmes. Je te donnerai tout ce que tu me demandes, mais cesse de pleurer ! » Il été comblée d’une immense joie, et mon esprit, comme toujours, s’est abîmé en lui comme en son unique trésor. Ce jour-là, j’ai parlé davantage avec Jésus, enhardie par sa bonté.

Pendant que je reposais auprès de son cœur très doux, je lui ai dit : « Jésus, j’ai tant de choses à te dire ! » Et le Seigneur m’a répondu avec bonté : « Parle, ma fille ! » Alors, j’ai commencé à épancher la douleur de mon cœur, en lui disant : « L’humanité entière me tient tellement à cœur, tous ne te connaissent pas et ceux qui te connaissent ne t’aiment pas comme tu es digne d’être aimé. Tantôt je vois combien les pécheurs t’offensent affreusement, tantôt je vois combien tes fidèles, en particulier tes serviteurs, sont opprimés et persécutés, tantôt encore, je vois de nombreuses âmes se précipiter aveuglement dans l’effrayable gouffre de l’enfer. Tu vois, Jésus, voilà la douleur qui me ronge le cœur et les os. Et bien que tu me témoignes ton amour particulier et que tu inondes mon cœur de torrents de tes joies, cela n’apaise pas les souffrances que je t’ai dites ; bien au contraire, elles augmentent plus cruellement mon pauvre cœur. Ah ! avec quelle ardeur je désire que toute l’humanité se tourne avec confiance vers ta miséricorde ! C’est alors seulement que, voyant la gloire de ton nom, mon cœur sera soulagé. » Jésus a écouté les épanchements de mon cœur avec gravité et intérêt, comme s’il les ignorait, me cachant en quelque sorte sa connaissance de toutes ces choses, ce qui me permettait de parler plus librement. Et le Seigneur m’a dit : « Ma fille, la parole de ton cœur m’est agréable. Chaque fois que tu récites ce chapelet, tu rapproches de moi l’humanité. » Après qu’il eut dit cela, j’ai vu que j’étais seule, mais la présence divine demeure toujours dans mon âme.

  • Ô mon Jésus, lorsque j’irai vers toi et que tu me combleras de toi, ce sera pour moi la plénitude du bonheur, mais je n’oublierai pas l’humanité. Je désire écarter le voile à part pour que la terre ne doute pas de la miséricorde divine. Mon repos est de proclamer ta miséricorde. L’âme rend la plus grande gloire à son Créateur quand elle se tourne avec confiance vers la miséricorde divine.