Le 2 février 1937.

Depuis ce matin, un recueillement divin remplit mon âme. Je pensais que, pendant la sainte messe, je verrais le Petit Jésus, comme cela m’arrive souvent, mais aujourd’hui, j’ai vu Jésus crucifié. Il était cloué sur la croix et souffrait atrocement. Mon âme a été transpercée par les souffrances de Jésus et je les ai ressenties dans mon âme et dans mon corps, de façon invisible, mais tout aussi douloureuse. Ah ! quels terribles mystères se déroulent pendant de la sainte messe !

Un grand mystère s’accomplit au cours de la sainte messe. Avec quelle piété nous devrions écouter et prendre part à la mort de Jésus ! Nous comprendrons un jour ce que Dieu réalise pour nous à chaque sainte messe, et quelle immense qu’il nous y prépare. Seul son amour divin a pu nous gratifier d’un tel don. Ô Jésus, mon Jésus, une immense douleur transperce mon âme quand je vois la source de vie jaillir avec tant de douceur et de force pour toute âme ! Et pourtant je vois des âmes flétries qui dépérissent par leur propre faute. Ô mon Jésus, que la puissance de ta miséricorde enveloppe toutes ces âmes !

  • Ô Marie, c’est aujourd’hui qu’un le terrible glaive Cf. Lc 2, 34-35. a transpercé ton âme sainte. Personne, hormis Dieu, ne connaît ta souffrance. Ton âme n’est pas brisée,² elle est pleine de courage, parce qu’elle est avec Jésus. Douce Mère, unis mon âme à Jésus, car c’est seulement ainsi que je pourrai supporter toutes les épreuves et les souffrances, et c’est seulement en union à Jésus que mes petits sacrifices seront agréables à Dieu. Très douce Mère, enseigne-moi la vie intérieure. Que le glaive des souffrances ne me brise jamais ! Ô Vierge pure, verse le courage dans mon cœur et veille sur lui .

  • Aujourd’hui est pour moi un jour exceptionnel, et, bien que j’aie éprouvé tant de souffrances, mon âme est inondée d’une immense joie. Dans la chambre voisine, il y avait une femme de confession juive gravement malade. Je lui ai rendu visite, il y a trois jours, et la douleur a étreint mon âme à l’idée qu’elle allait bientôt mourir et que la grâce du saint baptême ne laverait pas son âme. J’ai convenu avec la sœur infirmière qu’il faudrait la baptiser quand sa dernière heure viendrait ; mais il y avait une difficulté, c’est qu’elle était constamment entourée par des Juifs. J’ai eu dans mon âme l’inspiration de prier devant le tableau que Jésus m’a demandé de faire peindre. Or, j’ai une brochure dont la couverture présente une reproduction du tableau de la Miséricorde Divine. J’ai dit au Seigneur : « Jésus, tu m’as dit toi-même que tu accorderais beaucoup de grâces par ce tableau. Je te demande donc de donner la grâce du saint baptême à cette Juive. Peu importe qui la baptisera, pourvu qu’elle soit baptisée. » Après ces paroles, j’ai été étrangement tranquillisée et j’ai eu la certitude absolue que, malgré les difficultés, l’eau du saint baptême coulerait sur son âme. Pendant la nuit , alors qu’elle était très faible, je me suis levée trois fois pour guetter le moment où il serait possible de lui accorder cette grâce. Le matin, elle semblait se sentir mieux, mais l’après-midi, sa dernière heure commença à approcher. La sœur infirmière a dit qu’il serait difficile de lui accorder cette grâce, car des Juifs étaient à son chevet. Mais un moment arriva où la malade a commencé à perdre connaissance et ils se sont levés. Les uns ont couru chercher le médecin, les autres quelqu’un d’autre qui porterait secours à la malade, si bien qu’elle est restée seule et que la sœur infirmière a pu la baptiser. Avant que tous soient revenus, son âme était belle, parée de la grâce de Dieu et l’agonie a commencé aussitôt. Elle a duré peu de temps : c’était comme si la malade s’était endormie. Soudain, j’ai vu son âme entrer au ciel, rayonnante de beauté ! Ah ! que l’âme en état de grâce sanctifiante est belle! Mon âme a été inondée de joie pour avoir obtenu à cette âme une si grande grâce en priant devant ce tableau.

Ah ! que la miséricorde de Dieu est grande ! Que toutes les âmes la glorifient ! Ô mon Jésus, ces âmes chanteront pendant toute l’éternité une hymne à ta miséricorde. Je n’oublierai pas ce que j’ai ressenti intérieurement ce jour-là. C’est déjà la seconde grande grâce pour les âmes que j’ai obtenue ici, en priant devant le tableau ! Ah ! que le Seigneur est bon et plein de pitié ! Jésus, comme je te remercie pour ces grâces !