Le 27 janvier 1937.
Je sens que ma santé s’améliore nettement. Jésus me fait revenir des portes de la mort. Il me ramène à la vie. Il s’en est fallu de peu que je ne meure, et voilà que le Seigneur m’accorde à nouveau la plénitude de la vie. Je dois, certes, rester encore au sanatorium, mais je suis presque complètement guérie. Je vois que la volonté divine ne s’est pas encore entièrement accomplie en moi, puisqu’il faut que je vive, mais je sais bien que, si j’accomplis tout ce que Dieu a décidé pour moi sur cette terre, il ne me laissera pas plus longtemps en exil, car ma maison, c’est le ciel. Or, avant d’entrer dans la Patrie, nous devons accomplir la volonté de Dieu sur la terre ; autrement dit, il faut que s’accomplissent en nous des épreuves et des combats.
Ô mon Jésus, tu me rends la santé et la vie. Donne-moi la force de combattre, parce que je ne peux rien faire sans toi. Donne-moi de la force, parce que tu peux tout. Tu vois bien que je ne suis qu’une faible enfant. Que pourrais-je faire ? Je connais toute la puissance de ta miséricorde et j’ai confiance : Tu me donneras tout ce dont ta faible enfant a besoin.
Ah ! comme j’ai désiré mourir ! Je ne sais pas si j’éprouverai encore une fois dans ma vie une telle nostalgie de Dieu. Il y a eu des moments où elle me faisait presque défaillir. Ah ! que la terre est laide, lorsque l’on connaît le ciel ! Je dois me faire violence pour vivre. Ô volonté divine, tu es ma nourriture !
Ô vie monotone et pleine d’incompréhensions! Ma patience s’y exerce et j’acquiers de l’expérience : tous les jours, je découvre et j’apprends beaucoup. Je vois que je sais peu de choses et je ne cesse de déceler des fautes dans mon comportement, mais cela ne me décourage pas. Je remercie Dieu de daigner m’accorder sa lumière pour que je me connaisse moi-même.
- Il y a une personne qui met ma patience à rude épreuve, et je suis obligée de lui consacrer beaucoup de temps. Quand je parle avec elle, je sens qu’elle ment, et cela continuellement, mais, comme elle me parle de choses qui remontent à longtemps et que je ne peux vérifier, elle s’en tire à bon compte. Je suis néanmoins convaincue au fond de moi que ce qu’elle dit n’est pas vrai. Un jour où j’ai commencé à douter, pensant que je pouvais me tromper et qu’elle disait la vérité, j’ai demandé à Jésus de me donner le signe suivant : s’il est vrai qu’elle ment, qu’elle avoue elle-même un des choses que je soupçonne être un mensonge, mais, si elle dit la vérité, que Jésus m’ôte la conviction qu’elle ment. Un instant plus tard, elle est revenue sur ses pas et m’a dit : « Ma Sœur, je vous demande pardon, mais j’ai menti sur telle et telle chose. » Et j’ai compris que ma lumière intérieure quant à cette personne ne m’avait pas trompée.