Le 19 janvier 1937.
À présent, ma vie s’écoule dans la conscience paisible de la présence de Dieu. C’est de lui que vit mon âme silencieuse et cette conscience de la vie de Dieu dans mon âme est pour moi une source de bonheur et de force. Je ne cherche pas le bonheur en dehors du fond de mon âme où demeure Dieu, j’en suis consciente. Je ressens comme le besoin de me donner aux autres ; j’ai découvert dans mon âme une source de bonheur, c’est-à-dire Dieu. Ô mon Dieu, je vois que tout ce qui m’entoure est rempli de toi, et en particulier mon âme, que pare ta grâce. Je commence à vivre, dès maintenant, de ce dont je vivrai dans l’éternité.
Le silence est un langage si puissant qu’il parvient jusqu’au trône du Dieu vivant ; le silence est le langage de Dieu, mystérieux, mais puissant et vivant.
Jésus, tu me fais connaître et comprendre en quoi consiste la grandeur de l’âme : non pas en de grandes actions, mais dans un grand amour. L’amour a de la valeur, et c’est lui qui donne de la grandeur à nos actions. Et, bien que nos actes soient petits et banals en eux-mêmes, ils deviennent grands et puissants devant Dieu grâce à l’amour !
L’amour est un mystère qui transforme tout ce qu’il touche en choses belles et agréables à Dieu. L’amour de Dieu rend l’âme libre. Elle est comme une reine qui ne subit pas les contraintes de l’esclavage ; elle entreprend tout avec une grande liberté, car l’amour qui l’habite lui donne l’élan nécessaire pour agir. Tout ce qui l’entoure lui fait comprendre que Dieu seul est digne de son amour. L’âme éprise de Dieu et plongée en lui va à ses tâches dans la même disposition d’esprit que quand elle va communier et elle accomplit soigneusement l’action la plus simple sous le regard amoureux de Dieu. Elle ne se trouble pas, lorsqu’au bout d’un certain temps telle chose s’avère moins réussie ; elle reste sereine, parce qu’au moment d’agir, elle a fait tout ce qui était en son pouvoir. Lorsqu’il arrive que la présence vivante de Dieu, dont elle jouit presque continuellement, la quitte, elle tâche de vivre de la foi vivante. L’âme connaît qu’il y a des moments de repos et des moments de combat. Par sa volonté, elle est toujours avec Dieu. Cette âme est comme un chevalier exercé au combat : elle voit de loin où l’ennemi se cache et elle est prête à combattre. Elle sait qu’elle n’est pas seule : Dieu est sa force.